Le calvaire des usagers de la Route nationale n°1 connaîtra-t-il bientôt une accalmie ?
Mardi 19 mai, le gouvernement a décidé de frapper fort. Une unité spéciale de la police sera déployée au poste de péage de Kasangulu, point névralgique de la circulation entre Kinshasa et Matadi, tandis que les travaux de contournement de cet axe sont désormais lancés. Ces décisions, prises à l’issue d’une réunion de crise présidée par la Première ministre à Kinshasa, visent à résoudre une thrombose routière devenue le cauchemar quotidien des transporteurs, des commerçants et des simples voyageurs.
La RN1, cette artère vitale de 360 kilomètres, irrigue toute l’économie nationale en reliant la capitale au port de Matadi, principal point d’entrée des marchandises. Mais depuis des mois, le tronçon à hauteur de Kasangulu s’est transformé en un gigantesque parking à ciel ouvert. Les embouteillages sur la RN1 à hauteur de Kasangulu s’étirent parfois sur plusieurs kilomètres, immobilisant des centaines de poids lourds pendant des heures. Les conséquences économiques sont immédiates : hausse des coûts logistiques, retards dans les chaînes d’approvisionnement, gaspillage de carburant et pertes de recettes pour les entreprises. Selon des acteurs de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), chaque jour de paralysie dans cette zone coûterait des millions de dollars à l’économie congolaise.
Le péage de Kasangulu est au cœur du problème. La lenteur des opérations, combinée à l’absence de voies de dégagement, crée un effet entonnoir que le flux incessant de véhicules ne fait qu’aggraver. Face à l’urgence, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a détaillé des mesures immédiates. D’abord, l’envoi d’une unité spéciale de police à Kasangulu et au triangle Cité Verte, conçue pour réguler la circulation, fluidifier le passage au péage et décourager les comportements anarchiques de certains usagers. Ensuite, le lancement effectif des travaux de contournement de la RN1, une infrastructure longtemps attendue qui permettra de désengorger le point critique. Enfin, l’étude de guichets avancés au poste de péage pour accélérer le traitement des véhicules.
« Ce sont des mesures concrètes et prises immédiatement », a affirmé John Banza à l’issue de la réunion. Cette mobilisation gouvernementale, qui associe les gouvernorats de Kinshasa et du Kongo Central ainsi que la Société de péage du Congo (Sopeco), marque une reconnaissance tardive du caractère stratégique de la RN1. L’axe Kinshasa-Matadi représente le corridor de circulation le plus important du pays, et sa saturation chronique menace d’asphyxier les échanges commerciaux. L’enjeu va bien au-delà du simple trafic : c’est une artère logistique dont dépend l’approvisionnement en biens de consommation, en matériaux de construction et en produits pétroliers. Si cette thrombose persiste, c’est toute la compétitivité du Congo qui en pâtira.
Reste à voir si le déploiement policier suffira à fluidifier durablement la circulation Kinshasa-Matadi. L’expérience montre que les interventions ponctuelles, sans une modernisation profonde des infrastructures, peuvent s’essouffler. Cependant, la combinaison annoncée entre présence policière renforcée, travaux de contournement et optimisation du péage de Kasangulu dessine une réponse plus robuste. Les usagers, qui ont trop souvent payé le prix fort de l’immobilisme, osent espérer que cette guerre déclarée aux embouteillages de la RN1 ne sera pas un feu de paille mais le début d’une véritable stratégie de désengorgement.
Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer si Kasangulu, ce point noir routier, sortira du rouge. Le gouvernement mise sur ces mesures à effet immédiat pour apaiser une colère qui grondait. L’enjeu économique et social est trop grand pour tolérer un nouvel enlisement. La RN1 doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un corridor de développement, pas un piège à ciel ouvert.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
