AccueilActualitéSecuritéBiakato: FARDC et MONUSCO renforcent la sécurité face aux ADF

Biakato: FARDC et MONUSCO renforcent la sécurité face aux ADF

La peur change de camp ? À Biakato, dans le territoire de Mambasa, les promesses se multiplient alors que le sang continue de couler. Samedi 16 mai 2026, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Brigade d’intervention de la MONUSCO ont tenu une réunion sécuritaire avec la population locale. Objectif : rassurer des habitants traumatisés par la recrudescence des attaques des rebelles ADF. Mais après un mois qui a vu plus de 130 civils assassinés, les mots suffiront-ils à apaiser les cœurs ?

La chefferie de Babila Babombi vit un cauchemar éveillé. Depuis plusieurs semaines, les incursions des combattants d’Allied Democratic Forces (ADF) se sont intensifiées, plongeant Biakato et ses environs dans une insécurité chronique. Selon des sources de la société civile, les massacres se succèdent à un rythme effréné, poussant des milliers de déplacés à fuir vers des zones encore épargnées. Une situation qui a contraint l’armée congolaise et la mission onusienne à sortir du silence.

Ainsi, lors de cette rencontre tenue à Biakato même, les responsables des FARDC ont annoncé un renforcement des effectifs et des moyens logistiques. Un déploiement censé permettre d’intensifier les patrouilles et les opérations de ratissage contre les sanctuaires ADF. « Nous mettons tout en œuvre pour neutraliser ces forces négatives », aurait déclaré un officier supérieur, sans entrer dans les détails tactiques. Seulement, dans une zone où les forêts denses servent de cachettes idéales, l’optimisme militaire se heurte à la réalité de la guérilla.

Du côté de la MONUSCO, le message se veut rassurant. La force onusienne, à travers sa Brigade d’intervention, apporte un appui logistique et opérationnel aux FARDC, tout en poursuivant sa collaboration avec l’armée ougandaise engagée dans les opérations conjointes contre les ADF. Mais cette présence internationale suffit-elle à dissuader des rebelles déterminés ? Les chiffres macabres du mois écoulé posent la question.

Le commandant de la Brigade a également mis en garde contre la désinformation. Dans un climat de psychose, les rumeurs peuvent aggraver les tensions communautaires et saper les efforts de stabilisation. Un appel à la vigilance que la population locale, meurtrie, écoute d’une oreille. Les souvenirs des villages incendiés et des corps abandonnés sont encore trop frais.

Alors, que peut-on attendre de ce énième renforcement sécuritaire en Ituri ? Les promesses passées n’ont pas empêché le drame. À Biakato, les déplacés, terrés dans des camps de fortune, regardent avec méfiance les convois de casques bleus et de soldats. La route de la paix, disent-ils, est pavée de bonnes intentions. Et pourtant, sans une action résolue et continue, la région de Mambasa risque de sombrer davantage dans le cycle des violences ADF.

Les FARDC insistent : les opérations s’intensifient, les lignes de défense se renforcent. Mais le défi est immense. Entre l’étendue du territoire, la porosité des frontières et la mobilité des groupes armés, la sécurisation totale semble une chimère. À Biakato, personne n’ose encore éteindre la bougie de l’espoir. La rencontre de samedi restera un symbole : celui d’une armée qui plaide sa bonne foi face à une population exsangue.

En attendant des résultats concrets, la question demeure : les FARDC et la MONUSCO parviendront-elles à inverser la tendance ? Chaque jour qui passe sans attaque est une victoire, mais la mémoire des 130 morts réclame justice et protection. Le renforcement sécuritaire annoncé sera-t-il à la hauteur de la menace ? Seul l’avenir le dira, à Biakato comme dans le reste de l’Ituri.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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