AccueilActualitéSecuritéFermeture de la route Luvungi : le trafic Bukavu-Uvira à l'arrêt

Fermeture de la route Luvungi : le trafic Bukavu-Uvira à l’arrêt

La circulation entre Bukavu et Uvira a été brutalement interrompue ce 15 mai 2026, dès l’avant-midi, au niveau de la localité de Luvungi, dans la province du Sud-Kivu. Sur ordre du gouverneur intérimaire Jean Jacques Elakano, la route nationale numéro 5 (RN5) est désormais fermée à tout trafic, plongeant la région dans une paralysie inquiétante.

Des camions en provenance d’Uvira ont été stoppés net, tandis que bus et passagers venant des deux directions ont été contraints à l’immobilisation. Selon des sources de la société civile, la situation s’est rapidement dégradée. André Byadunia, acteur local de la société civile, a confirmé que des voyageurs, désespérés, ont commencé à emprunter des itinéraires de fortune à travers les collines. « Certains passagers prennent déjà la direction des collines passant par le tronçon Luvungi – Lubarika – Munanira – Kaziba – Nyangezi, pour arriver à Bukavu », a-t-il fait remarquer, décrivant un exode risqué.

Cette interruption du trafic sur l’unique axe reliant le nord et le sud de la province ne relève pas de l’imprévu. Quelques jours plus tôt, le vice-gouverneur Jean Jacques Elakano avait publiquement annoncé cette mesure. « Nous, comme gouvernement, nous avons réfléchi et avons décidé de rompre le trafic sur la RN5, comme c’était le cas des gens qui quittaient Bukavu pour Uvira », avait-il déclaré, sans ambiguïté. La décision fait suite au retrait de la coalition AFC/M23 de la zone et à la mort d’un élément du groupe armé Muzalendo lors d’affrontements récents dans le secteur. Pour les autorités, la fermeture de la route Luvungi répondrait à des impératifs sécuritaires, bien que les détails précis de cette opération restent flous.

Pour la ville d’Uvira et ses environs, l’impact est immédiat. Dépendante en grande partie de Bukavu pour son approvisionnement en vivres, carburant et autres biens de première nécessité, la cité lacustre se retrouve une nouvelle fois isolée. Les opérateurs économiques redoutent une flambée des prix et une aggravation de la précarité. Comment une région déjà fragilisée par des années de conflits peut-elle supporter un tel blocus routier ? La paralysie du trafic Bukavu Uvira ranime les souvenirs douloureux des crises humanitaires passées.

Face à l’urgence, la société civile monte au créneau et appelle à la réouverture immédiate de cette voie stratégique. « L’accès humanitaire et la libre circulation des personnes et des biens sont des droits fondamentaux », martèle un responsable local, sous couvert d’anonymat. L’organisation prévient que la prolongation de la fermeture de la RN5 Sud-Kivu risque d’entraîner une catastrophe sanitaire, en privant les structures médicales de matériel et de médicaments. L’axe Bukavu-Uvira est bien plus qu’une route : il est le cordon ombilical de tout le sud de la province.

Aucune indication n’a été fournie sur la durée de cette interruption. Le gouverneur Jean Jacques Elakano, critiqué pour cette décision unilatérale, n’a pas encore réagi aux appels au dialogue. En attendant, des centaines de véhicules restent immobilisés de part et d’autre du point de blocage, tandis que des familles entières se lancent dans des traversées périlleuses. La crise révèle, une fois de plus, la fragilité des infrastructures et la précarité de la paix dans cette partie de la République démocratique du Congo.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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