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Mont Ngafula : l’arrêt Kimwenza, une décharge à ciel ouvert qui empoisonne Kinshasa

Imaginez une rue commerçante où l’air est saturé d’odeurs fétides, où des sacs plastiques en décomposition disputent l’espace aux passants. C’est la réalité quotidienne à l’arrêt Entrée Kimwenza, dans la commune de Mont Ngafula. En quelques jours, les trottoirs se sont métamorphosés en une véritable décharge à ciel ouvert, un spectacle navrant au cœur de Kinshasa. Les chiffres sont encore officieux mais le constat visuel, lui, est implacable : des monticules de déchets ménagers asphyxient ce carrefour vital.

Restes alimentaires, bouteilles éventrées, emballages souillés : la nature des immondices ne trompe pas. Ces rebuts du quotidien, abandonnés en pleine rue, racontent le désastre d’une insalubrité chronique. La pluie les gorge, le soleil les calcine, et la putréfaction libère des miasmes qui menacent directement la santé des riverains. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi un arrêt si fréquenté, voisin d’un Centre d’Informations, d’Animations et de Technologies (CIAT), devient-il le réceptacle de cette pollution ?

Du côté des habitants, la colère gronde. « Nous passons par ici tous les jours, mais c’est devenu difficile », confie une riveraine, épuisée de lutter contre l’incivisme qui gangrène le quartier. Pour eux, la responsabilité est claire : les vendeurs des marchés environnants déversent impunément leurs ordures sur la voie publique. Appels à la raison, supplications… rien n’y fait. Les commerçants, acculés à la précarité, affirment pourtant verser régulièrement des taxes d’entretien – des sommes souvent perçues par des agents de police – sans jamais voir l’ombre d’un salongo. « Nous vendons difficilement, nous sommes malades, mais nous n’avons pas le choix », expliquent-ils, illustrant ce cercle vicieux où la survie économique prime sur les règles d’hygiène les plus élémentaires.

Face à cette décharge à ciel ouvert qui gagne du terrain, les autorités communales tentent de réagir. Le bourgmestre de Mont Ngafula, Séverin Lumbu, rappelle que des évacuations sont organisées chaque samedi. Mais il pointe aussi du doigt le comportement des populations : « Ce sont les riverains eux-mêmes qui jettent ces immondices. Si nous attrapons quelqu’un en flagrant délit, il sera sanctionné. » Une promesse de fermeté qui contraste avec les accusations mutuelles entre commerçants et habitants. La vérité, probablement nuancée, réclame une analyse plus systémique. Et si l’insalubrité à Kinshasa n’était que le symptôme d’une défaillance plus profonde de la gestion des déchets ménagers ?

Cette crise environnementale ne peut plus être traitée à coups d’opérations ponctuelles. À l’échelle de cette commune périphérique de la capitale, l’urgence sanitaire est palpable. Chaque jour laissé aux ordures accentue la pression sur les écosystèmes urbains et sur la dignité humaine. Il en va de la responsabilité collective : usagers, autorités, mais aussi filières de recyclage doivent inventer un nouveau modèle. Sans cela, d’autres trottoirs de Kinshasa rejoindront bientôt la longue liste des décharges à ciel ouvert qui étouffent la ville.

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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