Ce jeudi 14 mai, une marche pacifique a secoué la cité d’Isangi-centre, dans la province de la Tshopo. Organisée par les organisations de la société civile et plusieurs mouvements citoyens, cette mobilisation visait à dénoncer la spirale de l’insécurité qui frappe le territoire.
Les manifestants, brandissant des pancartes, ont dénoncé la recrudescence des braquages, les actes de justice populaire et les violences quotidiennes. « Trop de sang a coulé », scandaient-ils, appelant à une réaction urgente des autorités.
Pour les forces vives, cette insécurité est directement liée au déficit d’autorité étatique. Elles rappellent qu’Isangi devrait compter trois administrateurs territoriaux, mais un seul assure aujourd’hui la gestion de cette entité stratégique. Une situation qui, selon elles, affaiblit les capacités de l’État à protéger les citoyens.
La route Isangi-Kisangani, axe vital pour le commerce et la mobilité, est régulièrement citée parmi les zones à haut risque. Les manifestants ont exigé un renforcement immédiat des dispositifs sécuritaires sur cet itinéraire, véritable artère économique de la région.
Cette route, longue d’environ 200 kilomètres, relie le territoire à la capitale provinciale Kisangani. Chaque semaine, des cas de braquages et de détournements de marchandises y sont signalés. Les populations locales vivent dans la psychose, redoutant chaque déplacement. Un commerçant, joint par téléphone, confie : « On ne sait jamais si on arrivera vivant à destination. L’État nous a oubliés. »
Réagissant à cette mobilisation, l’administrateur du territoire, Toussaint Loholo Keke, a tenu un discours rassurant. Plusieurs présumés criminels ont déjà été arrêtés et transférés devant les instances judiciaires compétentes, a-t-il affirmé. Une annonce qui, si elle soulage, laisse toutefois planer le doute sur l’efficacité d’une réponse ponctuelle face à un problème structurel.
Face à la colère citoyenne, une question demeure : jusqu’à quand faudra-t-il descendre dans la rue pour que l’État assume son rôle régalien ? La marche d’Isangi n’est-elle pas le symptôme d’un mal plus profond, celui d’une Tshopo négligée ?
Les forces vives promettent de rester mobilisées. Elles comptent désormais sur des actions concrètes, et non sur des promesses. Cette marche constitue un signal fort envoyé aux autorités provinciales et nationales. Les organisateurs entendent maintenir la pression jusqu’à l’obtention de mesures concrètes. Ils appellent la population à ne pas céder à la tentation de la justice populaire, tout en exigeant que les forces de l’ordre assurent une présence visible et dissuasive. Le défi est immense, mais la détermination semble à la hauteur de l’urgence.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
