La ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, a été secouée mardi 12 avril par la découverte macabre du corps d’un moto-taxi assassiné. Ce meurtre a aussitôt enflammé la corporation des motocyclistes, plongeant partiellement le secteur des transports dans la paralysie.
Le drame s’est noué sur l’axe routier menant à la Rivière Semuliki, un itinéraire jugé à haut risque. Le conducteur tué à Beni, dont l’identité n’a pas été officiellement divulguée, a été froidement abattu par des inconnus armés. Selon des témoins joints par congoquotidien.com, la victime aurait été ciblée pour avoir refusé de transporter un colis.
« Il a été tué parce qu’il aurait refusé de rendre ce service. Son corps a été transporté du lieu du crime à la morgue de Beni », a confié un motard, exprimant sa colère au rond-point du 30 juin. Ces propos, recueillis dans une atmosphère électrique, illustrent l’exaspération qui gronde face à l’insécurité motocyclistes Nord-Kivu, devenue endémique.
En signe de protestation, des centaines de conducteurs sont descendus dans les rues, bloquant temporairement la circulation. Cette protestation moto-taxi traduit une peur grandissante : les motards sont régulièrement pris pour cible par des bandes armées, et les assassinats restent souvent impunis. Pourquoi une profession aussi vitale pour la mobilité urbaine est-elle laissée à la merci de tels dangers ?
Jusqu’à présent, les autorités sécuritaires de Beni n’ont émis aucune communication officielle sur ce meurtre motard RDC. Ce mutisme alimente la frustration des proches de la victime et de l’ensemble des transporteurs, qui réclament des mesures concrètes pour protéger les conducteurs.
Les attaques contre les motocyclistes ne sont pas nouvelles dans cette région en proie à des groupes armés. Depuis des mois, les conducteurs dénoncent les enlèvements et les extorsions dont ils sont victimes, sans que les patrouilles conjointes FARDC-PNC apportent une réponse durable. Cette répétition des violences fragilise davantage une économie locale déjà exsangue.
Mercredi matin, alors que la dépouille était toujours conservée à la morgue, l’effervescence a légèrement retombé. Toutefois, les motocyclistes ont promis d’observer ce jeudi une journée sans activité, un avertissement qui pèse sur les déplacements dans la ville déjà meurtrie par les violences récurrentes.
Ce nouvel épisode sanglant remet en lumière la vulnérabilité des travailleurs informels face à l’insécurité dans l’Est de la RDC. Combien de vies faudra-t-il encore pour que l’État réponde à l’appel de ces citoyens abandonnés ? L’enquête devra déterminer les circonstances exactes de cet assassinat et identifier les coupables, alors que la profession reste en deuil et en alerte.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
