Le bilan de l’attaque ADF perpétrée jeudi 7 mai à Biakato s’est alourdi. Selon l’ONG des droits humains APDEF, 21 civils ont été tués, contre 15 annoncés initialement. Un massacre qui plonge l’Ituri dans l’effroi.
Les recherches menées dans les zones sinistrées ont révélé l’ampleur du carnage. Quatorze corps ont été découverts à Lalia, un au quartier Vatican, deux sur l’axe Biakato-Kotakoli, deux autres en centrale et un à Kawame. L’attaque ADF Biakato n’a épargné personne : le chef des miliciens IPLC a lui-même été tué, tandis que plusieurs de ses combattants ont été pris en otage.
Des civils revenant des champs ont aussi été kidnappés. Six motos calcinées, trois maisons réduites en cendres, des biens saccagés : le massacre de Biakato s’est soldé par un lourd tribut. Rams Malikidogo, de l’APDEF, déplore que l’armée n’ait pas poursuivi les assaillants. « Cela inquiète fortement la population », a-t-il déclaré.
Comment une telle tuerie a-t-elle pu se produire en plein jour, dans une zone où les Forces armées de la RDC sont déployées ? La question taraude les esprits. Les 21 morts Ituri ravivent les craintes d’une résurgence des rebelles ADF Ituri dans la région.
L’attaque a plongé Biakato dans une psychose profonde. Vendredi, un calme précaire régnait dans le centre, mais les visages trahissaient la désolation. L’actualité Biakato résonne comme un cri de détresse. Les rebelles ADF Ituri ont frappé là où on les croyait affaiblis.
Le député national Abdallah Penembaka s’est indigné : « La population est tuée comme des chèvres alors que les forces de défense sont présentes. » Il condamne ces actes barbares et appelle les FARDC à plus d’ardeur. « Nous demandons davantage d’actions sur le terrain, car la population attend beaucoup d’elles. » Il invite aussi les compatriotes à garder confiance dans les institutions.
Du côté des autorités, l’administrateur adjoint du territoire de Mambasa, le colonel Maxime Tshishimbi, assure que l’armée traque les assaillants. Il appelle les jeunes et la population à collaborer pour localiser les rebelles ADF Ituri. Mais jusqu’à quand la population devra-t-elle payer le prix de son insécurité ?
Ce nouveau massacre Biakato rappelle cruellement la vulnérabilité des civils en Ituri. Les forces de sécurité pourront-elles restaurer la confiance ? La réponse déterminera l’avenir de cette contrée meurtrie.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
