« La chose qui nous étonne dans tout ça, c’est que ces agents n’ont pas, eux tous, la même manière de voir les choses. » Ces mots, lourds de sens, sont ceux d’une automobiliste kinoise qui a accepté de témoigner pour Radio Okapi. Comme elle, des centaines de conducteurs arpentant les artères de la capitale congolaise vivent chaque jour l’angoisse des contrôles routiers Kinshasa. Mais que se passe-t-il réellement derrière les barrières improvisées ? Pourquoi un même document peut-il être jugé valable à un carrefour, et refusé quelques kilomètres plus loin ?
Le récit de cette conductrice est édifiant. Ce mardi 5 mai, elle quitte son domicile, confiante, tous papiers en règle. Première halte : un point de contrôle près de chez elle. Les agents jettent un œil à sa vignette de contrôle technique, lui rendent ses documents. Tout va bien. Elle reprend la route, rassurée. Mais à quelques kilomètres de là, un second barrage. Nouveaux agents, nouvelle humeur. Cette fois, la même vignette est contestée : « expirée depuis six mois », affirment-ils. La conductrice, elle, jure être dans les délais. Résultat ? Confusion, perte de temps, sentiment d’injustice. Un cas typique des abus des agents que dénoncent régulièrement les automobilistes Kinshasa.
Cette situation soulève une question brûlante : les règles sont-elles les mêmes pour tous ? L’absence d’harmonisation dans l’application des textes crée un véritable parcours du combattant. Chaque point de contrôle semble fonctionner avec son propre code. « On dirait que chacun a ses exigences », déplore la conductrice. Cette incertitude permanente pousse beaucoup de conducteurs à se demander si la vignette contrôle technique ne sert pas surtout à remplir les poches de certains agents plutôt qu’à garantir la sécurité routière.
Au-delà de l’incident, la conductrice pointe un problème plus structurel : la durée de validité du contrôle technique lui paraît trop courte au regard de l’état réel des infrastructures. « Les routes sont pleines de nids-de-poule, comment exiger un véhicule en parfait état alors que la chaussée elle-même est dangereuse ? » interroge-t-elle. Elle appelle les autorités à accélérer la réhabilitation voirie Kinshasa. Car, en effet, comment parler de sécurité routière quand les artères de la ville ressemblent à un champ de mines ?
Cet appel n’est pas isolé. Chaque jour, des milliers de Kinois prennent leur voiture, le stress au ventre, redoutant autant les nids-de-poule que les contrôles imprévisibles. Les tentatives de Radio Okapi pour joindre les autorités urbaines sont restées sans réponse. Silence assourdissant. Pendant ce temps, la colère gronde. N’est-il pas temps de remettre de l’ordre dans ces contrôles routiers Kinshasa et de penser enfin à des routes dignes de ce nom ?
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
