La situation sécuritaire dans le territoire d’Aru, en Ituri, demeure extrêmement précaire. Des incursions répétées d’hommes armés en provenance du Soudan du Sud sont signalées dans la chefferie de Kakwa, notamment dans les localités de Roumou et Agoroba. Ces attaques, marquées par des pillages systématiques et des enlèvements de civils, plongent les populations locales dans une terreur constante.
Selon des sources locales, les assaillants, lourdement armés, traversent la frontière pour s’attaquer aux villages. Ils emportent du bétail, des biens et de l’argent, et n’hésitent pas à kidnapper des jeunes hommes. Une autorité coutumière déplore : « Ces hommes armés venant du Soudan du Sud ont pillé la population, emporté des vaches, des chèvres, de l’argent, et même enlevé des jeunes qui restent jusqu’à présent en brousse. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Cela fait plusieurs mois que ces hommes armés traversent la frontière pour attaquer nos villages. »
Face à cette escalade, le député national Dieudonné Tabani tire la sonnette d’alarme. Il dénonce des incursions caractérisées par des pillages et des enlèvements. « Des hommes armés venant du Soudan du Sud pillent la population, emportent des vaches, des chèvres et de l’argent et enlèvent même des jeunes qui restent jusqu’à présent en brousse », insiste-t-il. L’élu souligne également la faiblesse des effectifs militaires congolais le long de la frontière : « L’effectif de nos forces est très minime. Quand ces hommes armés entrent, ils ne trouvent pas une riposte rigoureuse. » Il appelle les autorités provinciales, sous état de siège, à renforcer urgemment la présence militaire dans la zone.
Le député Tabani ne se limite pas à la réponse sécuritaire. Il demande au gouvernement central d’engager des démarches diplomatiques avec le Soudan du Sud pour une délimitation claire de la frontière, souvent évoquée comme un facteur aggravant. Ces incursions, répétées depuis plusieurs mois, posent une question brûlante : qui protège réellement les habitants du territoire d’Aru ? La situation sécuritaire en Ituri, déjà fragilisée par d’autres groupes armés, voit s’ajouter une menace transfrontalière qui exige une action immédiate.
Malgré ce climat d’insécurité, le député appelle les populations au calme. Il assure que les autorités sont saisies du dossier et que des mesures seront prises pour sécuriser durablement la zone. En attendant, les incursions sud-soudanaises continuent de semer la terreur dans les villages de la chefferie Kakwa. Les enlèvements de civils se multiplient, laissant les familles dans l’angoisse. L’absence d’une réponse militaire robuste expose les communautés à des pillages récurrents.
Cette crise sécuritaire illustre les fragilités de la frontière entre la RDC et le Soudan du Sud. Le territoire d’Aru, zone d’échanges mais aussi de vulnérabilités, devient le théâtre d’opérations prédatrices. Les habitants réclament une protection effective. Les autorités locales et coutumières, impuissantes, attendent des renforts militaires et une action diplomatique. Le temps presse : chaque incursion non réprimée encourage les assaillants à récidiver. Les enlèvements, souvent suivis de rançons, plongent les familles dans le désespoir.
L’appel du député Dieudonné Tabani résonne comme un cri d’alarme : il ne s’agit plus seulement d’incursions, mais d’une véritable déstabilisation de la région. La situation sécuritaire en Ituri exige une réponse urgente et coordonnée. Les autorités congolaises, sous état de siège depuis plusieurs années, doivent démontrer leur capacité à protéger les citoyens. Le renforcement des effectifs militaires le long de la frontière et l’ouverture de négociations diplomatiques sont des étapes cruciales. En attendant, les habitants du territoire d’Aru vivent dans la peur, guettant chaque bruit suspect. Qui mettra fin à ce calvaire ?
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
