Le 29 avril, alors que le soleil déclinait doucement sur Kinshasa, le Centre culturel Le Zoo s’est transformé en un sanctuaire de rythmes et de mouvements. À l’occasion de la Journée internationale de la danse, le collectif Otawala-Up Creative a offert un spectacle en plein air intitulé « Échos du corps et de l’âme », une célébration qui a su captiver les âmes présentes. Comment ne pas être saisi par cette alchimie entre tradition et modernité, entre corps qui parlent et cœurs qui dansent ?
Dès les premières notes, l’espace s’est empli d’une énergie palpable. Les danseurs, vêtus de tenues aux couleurs chatoyantes, ont investi l’espace avec une grâce qui semblait défier la pesanteur. Le chorégraphe du collectif a savamment entremêlé des influences venues d’ailleurs – salsa, bachata, danses latines – avec les racines profondes de la danse congolaise. Chaque pas racontait une histoire, chaque mouvement était une parole silencieuse. « Je pratique la salsa, la bachata et les danses latines en général. Mais je danse aussi les danses congolaises, parce que je suis congolaise », confie Dénise Kela, une des danseuses, les yeux encore brillants d’émotion. Cette dualité n’est pas un conflit, mais une richesse : la preuve que la culture congolaise sait absorber et réinventer ce qu’elle touche.
Le coordinateur de l’événement, Pékasse Kabesa, ne cachait pas sa fierté. « Les artistes se sont entraînés pendant longtemps, ce qui a donné le fruit d’un engagement profond. Ils ont dansé avec leur cœur », insiste-t-il. Et le public a ressenti cette sincérité. Les prestations se sont succédé : afrobeat, amapiano, breakdance, chaque style apportait une couleur différente à la toile collective. Le collectif Otawala-Up Creative, né de la volonté de rassembler des danseurs de tous horizons, a démontré que la danse est un langage universel, capable de transcender les frontières et les genres.
Le Centre culturel Le Zoo, lui, a une fois de plus rempli sa mission : offrir une scène aux talents émergents et promouvoir la culture dans toute sa diversité. « Échos du corps et de l’âme » n’était pas qu’un simple spectacle ; c’était une invitation à explorer ce que la danse révèle de nous-mêmes. Car, au-delà des chorégraphies, c’est l’âme qui s’exprime. Quels secrets ces corps en mouvement nous confient-ils ? Peut-être l’espoir d’une société où la passion et la créativité sont les seules frontières.
Alors que la nuit tombait sur Kinshasa, les échos des derniers mouvements résonnaient encore dans les allées du Zoo. La Journée internationale de la danse a trouvé ici un écrin à la mesure de son importance : un moment suspendu où le corps et l’âme ne font qu’un, portés par le souffle collectif d’une culture vivante et fière.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd
