La première banque internationale à s’être implantée en République démocratique du Congo, Citigroup Congo SA, a dévoilé le 30 avril 2025 ses états financiers pour l’exercice écoulé. Conformément à l’instruction n°55 de la Banque centrale du Congo, cette publication offre une photographie fidèle de la santé d’un acteur clé du paysage bancaire congolais. Et le verdict est clair : malgré des indicateurs en baisse apparente, l’institut affiche une solidité à toute épreuve.
Le total du bilan, exprimé en francs congolais, s’établit à 490 152 702 au 31 décembre 2025, contre 734 948 848 un an plus tôt. Une contraction de près d’un tiers qui pourrait inquiéter. Pourtant, le directeur pays, Mohamed Kasim Yaya, apporte une explication limpide : « La baisse du total net constitue en réalité une baisse apparente. La majorité de nos opérations étant libellée en monnaie étrangère, l’appréciation du franc congolais a eu un effet mécanique sur les résultats. L’activité, en revanche, n’a pas décru. » En effet, plus de 80 % des transactions de la banque sont effectuées en dollars américains, limitant l’impact réel sur ses opérations.
Cette lecture nuancée est fondamentale pour comprendre le rapport Pilier III de l’année 2025. Les avoirs en caisse et auprès de la Banque centrale du Congo passent de 115 419 314 à 87 546 991, tandis que les disponibilités auprès des correspondants chutent de 512 082 604 à 315 662 014. Ces évolutions, explique la direction, sont purement comptables et liées au réajustement du taux de change. Le directeur pays souligne d’ailleurs que le résultat opérationnel reste robuste : « Il n’y a pas eu d’impact opérationnel significatif. En revanche, nous avons observé des effets sur les activités de change pour les clients collectant en francs congolais et convertissant en dollars. »
Au-delà des chiffres, Citigroup Congo RDC confirme son statut de banque internationale de référence à Kinshasa. Avec 53 ans de présence ininterrompue, l’institution capitalise sur une expérience unique en Afrique subsaharienne. « Citi RDC est la filiale ayant la présence continue la plus ancienne dans la région », rappelle Mohamed Kasim Yaya. Un ancrage qui lui permet d’accompagner les multinationales et les grandes entreprises, tout en jouant un rôle de premier plan dans le financement de projets structurants.
L’un des faits marquants de l’année 2025 est l’implication de Citigroup dans l’émission des eurobonds congolais. « Depuis 2020, nous avons accompagné l’État congolais dans le processus de notation financière, une étape indispensable pour accéder aux marchés internationaux », indique le directeur pays. En qualité de co-arrangeur et co-coordinateur, la banque a facilité l’accès de la RDC aux investisseurs mondiaux. « Cette émission envoie un signal fort : les investisseurs croient en la RDC », ajoute-t-il, soulignant que les conditions obtenues reflètent un potentiel reconnu.
Dans un environnement économique et sécuritaire parfois complexe, Citigroup Congo mise sur une gestion des risques éprouvée. « Nous sommes présents dans 92 pays, y compris dans des environnements à haut risque. Nous disposons de méthodologies adaptées », explique Mohamed Kasim Yaya. La digitalisation constitue un axe majeur de la stratégie : « Accélérer la digitalisation permettra de réduire les risques opérationnels et d’améliorer l’efficacité des services. »
Les perspectives pour 2027 s’annoncent exigeantes, mais la banque aborde cette échéance avec confiance. « Les résultats enregistrés nous permettent d’envisager l’avenir sereinement », conclut le directeur pays. Citigroup Congo RDC reste ainsi un moteur essentiel du financement des multinationales et un partenaire de confiance pour l’économie congolaise, prouvant que la solidité financière peut rimer avec résilience et innovation.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
