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Sécurité maritime : La RDC définit ses priorités au sein du G7++ pour le golfe de Guinée

Paris a accueilli, les 15 et 16 avril 2026, la première réunion plénière de l’année du groupe G7++ des Amis du golfe de Guinée. Cette instance, dédiée aux enjeux de sécurité et de sûreté maritimes dans une région stratégique, s’est tenue sous la co-présidence de la France et du Gabon. L’objectif était clair : dresser un diagnostic commun des menaces et accélérer la pleine opérationnalisation de l’Architecture de Yaoundé, pierre angulaire de la stabilité maritime en Afrique centrale.

La République Démocratique du Congo, État membre de cette architecture, y a joué un rôle notable, représentée par son vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita. Sa présence souligne la volonté de Kinshasa de consolider sa position géostratégique et de redynamiser sa force navale au sein des FARDC. Mais au-delà des déclarations d’intention, quelles sont les actions concrètes envisagées ?

Dans son allocution, Guy Kabombo Muadiamvita a présenté trois axes prioritaires de coopération G7++ RDC. Le premier vise l’établissement d’une liaison permanente entre Kinshasa et la coordination du groupe, afin de faciliter les échanges d’information et la participation régulière aux mécanismes de concertation. Une étape essentielle pour une intégration efficace dans le dispositif régional de sécurité maritime golfe Guinée.

Le deuxième axe concerne l’assistance technique et la formation. La RDC souhaite renforcer ses compétences nationales et mettre en place une structure interne chargée de coordonner l’action de l’État en mer. Cet appel à l’expertise internationale traduit une prise de conscience : la lutte contre les menaces maritimes nécessite des capacités spécialisées et une coordination interministérielle sans faille.

Enfin, le troisième point focalise sur l’opérationnalisation de la zone A du CRESMAC (Centre régional de sécurité maritime de l’Afrique centrale). La RDC plaide pour une assistance technique afin de rendre pleinement effectifs les mécanismes de coopération prévus par l’Architecture de Yaoundé. Sans moyens dédiés et fonctionnels, les centres régionaux risquent de rester des coquilles vides.

Les travaux ont permis de dresser un tableau sans concession des défis. Les participants ont identifié les enjeux majeurs de sûreté auxquels la région est confrontée. La piraterie Afrique centrale, le brigandage, la pêche illicite et le trafic de stupéfiants figurent en tête des préoccupations. L’immigration clandestine et les risques de pollution, accentués par l’augmentation du trafic maritime et l’exploitation pétrolière offshore, complètent ce sombre panorama.

Comment, alors, passer des discours aux actes ? Les membres du G7++ ont appelé à la pleine mise en œuvre des recommandations d’un audit de l’ONU mené en 2024. Ils se sont accordés sur plusieurs mesures concrètes. La désignation de points focaux nationaux chez les signataires du Code de Conduite de Yaoundé est jugée urgente. La recherche de financements pérennes pour les centres de coordination maritime est également une priorité absolue.

La coordination des nombreuses initiatives des partenaires internationaux, notamment en matière de formation, doit être optimisée pour répondre précisément aux besoins identifiés. Le développement d’une connaissance situationnelle maritime renforcée, par des échanges accrus entre les centres, est une autre piste essentielle. Enfin, une révision du Code de conduite de Yaoundé est envisagée pour clarifier les responsabilités de chaque acteur.

La route est donc tracée, mais elle reste semée d’embûches. La réunion de Paris aura au moins eu le mérite de remettre la sécurité maritime golfe Guinée au cœur de l’agenda politique. La participation active de la RDC, portée par Guy Kabombo Muadiamvita, démontre une volonté de s’impliquer davantage dans la gouvernance régionale. La balle est désormais dans le camp des États signataires et de leurs partenaires. Les avancées concrètes seront évaluées lors de la prochaine réunion plénière, prévue au Gabon avant la fin de l’année 2026. L’heure est à l’action, car la stabilité du golfe de Guinée est un enjeu crucial pour la sécurité et le développement économique de toute l’Afrique centrale.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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