Le chantier de modernisation de la route Kananga-Kalamba Mbuji, un axe vital pour le Kasaï-Central, enregistre une avancée concrète de 17,3%. Ce taux d’exécution, révélé par l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), matérialise neuf mois d’efforts sur le terrain et traduit une dynamique réelle dans les ACGT grands travaux. Concrètement, 40 kilomètres sur les 230 que compte cet itinéraire stratégique ont déjà été transformés, passant d’une piste terreuse à une infrastructure moderne et pérenne.
Cette progression, bien que mesurée, constitue un signal fort dans le paysage infrastructuel congolais, souvent marqué par des retards chroniques. Comment cette avancée se matérialise-t-elle sur le terrain ? Selon les données techniques communiquées, les équipes ont réalisé 20 kilomètres de béton bitumineux – la couche de roulement définitive –, 30 kilomètres de couche de base et 37 kilomètres de couche de fondation. Ces travaux, démarrés au point nodal de Matamba, ont d’ores et déjà modifié l’expérience usagère. « Aujourd’hui, vous pouvez parcourir 40 kilomètres sans voir la terre », témoigne un responsable du projet, illustrant ainsi la transformation qualitative en cours.
L’impact immédiat est une praticabilité restaurée sur l’ensemble du linéaire depuis 2025, permettant un aller-retour Kananga-Kalamba Mbuji en une seule journée. Une révolution pour les transporteurs et les populations locales, pour qui ce trajet était synonyme d’épreuve. Mais au-delà de la commodité, les enjeux sont avant tout économiques et géostratégiques. Cette modernisation route Kasaï-Central est l’artère principale du désenclavement Grand Kasaï. En reliant ces deux pôles urbains et économiques, elle vise à fluidifier la circulation des personnes et, surtout, des marchandises.
Le véritable catalyseur de croissance réside dans la connexion avec l’axe commercial RDC Angola. La route Kananga-Kalamba Mbuji est en effet le maillon terrestre congolais menant vers le port angolais de Lobito, sur l’Atlantique. En désenclavant l’arrière-pays, elle a pour objectif de capter et d’exporter les productions agricoles et minières du Grand Kasaï via ce corridor, réduisant ainsi les coûts logistiques exorbitants et boostant la compétitivité des produits nationaux. Elle transforme une région enclavée en un hub économique potentiel.
Le calendrier projeté par l’ACGT table sur une finalisation de l’ensemble des travaux d’ici fin 2027. Un horizon qui, s’il est tenu, pourrait reconfigurer durablement l’économie régionale. Le démarrage officiel en juillet 2024, sous l’égide du ministre des Infrastructures, avait posé la première pierre de ce projet structurant. La question qui se pose maintenant est celle de la soutenabilité du rythme. Atteindre l’objectif 2027 nécessitera de maintenir, voire d’accélérer, le tempo actuel des chantiers, dans un contexte où les aléas climatiques et les défis d’approvisionnement peuvent peser sur la planification.
L’investissement dans cette infrastructure dépasse donc la simple réhabilitation routière. Il s’agit d’un pari sur l’avenir économique du Kasaï-Central et de la RDC. Une route bitumée est-elle synonyme de développement automatique ? Non, mais elle en est la condition sine qua non. Elle ouvre la voie aux investissements privés, à l’essor du commerce transfrontalier et à l’intégration des territoires. La modernisation de la route Kananga Kalamba Mbuji apparaît ainsi comme un test crucial de la capacité de l’État à concrétiser ses promesses de développement infrastructuel et à transformer des corridors potentiels en réalités économiques tangibles pour les populations. La suite des travaux, scrutée à la fois par les citoyens et les partenaires économiques, dira si cet élan initial se confirme en une dynamique irréversible.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
