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Cacao RDC : Julien Paluku sonne l’alarme face à l’effondrement des prix pour les producteurs

La filière cacao congolaise, pourtant riche de son potentiel, traverse une crise de rentabilité aiguë qui met en péril la subsistance de milliers de familles agricoles. Devant les députés nationaux, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a dressé un constat sans appel : une déconnexion profonde et persistante s’est installée entre les cours mondiaux de la fève et la rémunération réelle perçue par les producteurs locaux. Alors que les marchés internationaux connaissent des fluctuations, les acteurs de première ligne en République démocratique du Congo subissent de plein fouet une compression de leurs marges, fragilisant davantage un secteur déjà vulnérable. Cette situation soulève une question cruciale : comment la RDC, acteur du marché mondial du cacao, peut-elle mieux capter la valeur de sa production pour ses citoyens ?

La réponse du gouvernement, exposée par le ministre Paluku, s’articule autour d’un diagnostic précis des faiblesses structurelles. Premier frein identifié : la fragmentation excessive de l’offre. La production congolaise de cacao souffre d’un manque criant de structuration, avec une myriade de petits producteurs isolés face à des acheteurs consolidés. Cette absence de coordination au sein de coopératives solides annihile tout pouvoir de négociation et transforme les cultivateurs en preneurs de prix, sans capacité à influer sur les conditions commerciales. Cette dispersion constitue un handicap majeur dans la compétitivité du cacao « Made in Congo » sur la scène internationale.

Le deuxième point noir concerne la qualité et la transformation. Le ministre a relevé avec insistance que le cacao de la RDC est encore massivement exporté à l’état de fèves brutes, avec un respect variable des standards internationaux. Ce déficit de maîtrise qualitative et l’absence de transformation locale significative condamnent le pays à rester un fournisseur de matière première à bas prix. La valeur ajoutée, pourtant substantielle, est captée ailleurs dans la chaîne, privant l’économie nationale de précieuses devises et d’opportunités de création d’emplois. Pour inverser cette tendance, un renforcement des capacités en matière de normes sanitaires et phytosanitaires s’impose comme un passage obligé pour accéder directement aux grands circuits de distribution.

Enfin, le « calvaire logistique », selon les termes du ministre, vient verrouiller le système. L’insuffisance chronique des infrastructures de transport, de stockage et de conservation alourdit les coûts, génère des pertes post-récolte et contraint les producteurs à vendre dans l’urgence, souvent à des prix dérisoires. Cette triple contrainte – fragmentation, qualité et logistique – forme un cercle vicieux qui maintient la filière dans une situation de dépendance et de faible rentabilité.

Face à ce tableau, la stratégie du ministre Julien Paluku pour le commerce extérieur de la RDC privilégie une approche de marché plutôt qu’une régulation autoritaire des prix, jugée contre-productive. Son plan d’action repose sur trois piliers interconnectés. Le premier axe vise la diversification et l’ouverture des débouchés. L’objectif est de ne plus dépendre d’un nombre restreint de marchés traditionnels, mais de conquérir de nouveaux clients en Chine, au Royaume-Uni, aux Émirats arabes unis ou aux États-Unis. Cette diversification réduirait les risques et améliorerait les termes des échanges.

Le deuxième pilier, central, est la montée en gamme par la qualité. Il s’agit d’un investissement dans la formation et l’équipement des producteurs et des exportateurs pour qu’ils répondent systématiquement aux exigences des acheteurs les plus exigeants. Le troisième levier stratégique est l’accroissement de la transformation locale. En développant des capacités de première transformation (torréfaction, concassage) voire de seconde transformation (chocolaterie), la RDC pourrait retenir une part bien plus importante de la valeur finale, tout en consolidant la position de ses producteurs de cacao.

Pour catalyser cette transformation, le gouvernement compte mobiliser les institutions d’appui comme l’Agence nationale pour la promotion des exportations (ANAPEX) et renforcer son engagement au sein de l’Organisation internationale du cacao (ICCO). La carte maîtresse pourrait bien être le développement du cacao fin ou aromatique, un segment de niche à la valeur exponentielle. Comme l’a souligné Julien Paluku, une tonne de ce cacao d’exception peut atteindre 10 000 dollars, contre environ 3 000 dollars pour le cacao ordinaire. Une campagne de sensibilisation et d’accompagnement technique sera ainsi déployée dans les bassins de production de Beni, en Ituri et dans le Grand Équateur. L’ambition est claire : transformer la filière cacao congolaise d’un simple fournisseur de commodité en un acteur reconnu sur le marché mondial des produits de qualité, assurant enfin une rémunération juste à ses producteurs.

Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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