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Phenomène Mobondo maîtrisé : l’état reprend la main au Kwilu et dans les villes

Un vent de normalisation souffle sur les zones touchées par le phénomène Mobondo dans la province du Kwilu. La situation sécuritaire, longtemps préoccupante, est désormais décrite comme étant sous contrôle par les plus hautes autorités. L’annonce a été faite par le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, lors d’un Conseil des ministres tenu à Bandundu même. Cette déclaration officielle marque un tournant après des mois d’insécurité liée à ce groupe, apparu aux confins du Kwilu et du Maï-Ndombe.

Sur le terrain, l’action combinée des services de sécurité a permis de contenir puis de réduire l’influence de ces éléments. Un retour progressif au calme est observé, permettant aux populations de recommencer à vaquer à leurs occupations. La sécurité Kwilu, objectif prioritaire du gouvernement provincial et central, semble se consolider jour après jour. Mais comment les autorités ont-elles réussi à contenir cette menace qui pesait sur la stabilité régionale ? La réponse réside dans des opérations ciblées et une pression militaire continue, visant à éradiquer les foyers de tension et à empêcher toute résurgence.

Parallèlement à ce front rural, la lutte contre la délinquance urbaine connaît une intensification sans précédent. La capitale, Kinshasa, est le théâtre d’opérations de grande envergure. Le 24 mars dernier, un bouclage musclé a été mené par la Police nationale congolaise (PNC) dans plusieurs quartiers sensibles de Masina. Les zones de Boba, Nzuzi wa Mbombo et K15 ont été particulièrement visées. Cette action, qui fait partie d’une stratégie plus large de sécurisation des centres urbains, a conduit à l’interpellation de 66 présumés Kulunas. Ces gangsters urbains, souvent à l’origine de vols à main armée et d’extorsion, ont été mis hors d’état de nuire.

Le bouclage Masina est emblématique de cette nouvelle volonté de reprendre le contrôle des quartiers. Les Kulunas Kinshasa ont longtemps semé la terreur, profitant de la densité de la population et de la complexité du tissu urbain pour échapper aux forces de l’ordre. L’opération du 24 mars démontre une meilleure coordination et une détermination ferme. Les suspects appréhendés sont actuellement détenus et devraient répondre de leurs actes devant la justice. Ces arrestations massives envoient un signal fort aux autres groupes de délinquants qui sévissent dans la ville.

La même détermination s’observe à des centaines de kilomètres de la capitale, dans la ville minière de Lubumbashi. Le 25 mars, une opération conjointe a été lancée dans le quartier Cité DGM, situé dans la commune de Kampemba. Baptisée opération Ndobo, cette action a mobilisé non seulement la police, mais aussi les éléments des FARDC et d’autres services de sécurité. Le bilan est lourd : 59 suspects, dont deux femmes, ont été appréhendés au cours de ce ratissage ciblé. Cette opération Ndobo prouve que la stratégie de bouclage et d’interpellation préventive est déployée sur l’ensemble du territoire national pour un impact maximal.

Ces actions spectaculaires ne sont que la partie visible d’une stratégie plus profonde. Le ministère de l’Intérieur, dirigé par Jacquemain Shabani, entend s’attaquer aux racines mêmes des conflits. Pour cela, il prévoit d’impliquer ses services techniques, comme la Décentralisation, les Affaires coutumières et l’Institut géographique du Congo (IGC). L’objectif ? Traiter définitivement les foyers de tension liés aux conflits de limites administratives, qui persistent dans certaines localités du Kwilu et constituent souvent un terreau fertile pour la violence et les revendications armées. En cartographiant précisément les territoires et en clarifiant les compétences, le gouvernement espère tarir une source majeure de conflits communautaires.

L’objectif visé par toutes ces manœuvres est double et clair. Il s’agit, d’une part, de réduire drastiquement la criminalité urbaine et rurale qui mine le quotidien des Congolais. D’autre part, il est question de réaffirmer, par une présence visible et une action ferme, l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire. La sécurité des personnes et des biens est la pierre angulaire de tout développement. Les récentes annonces et opérations démontrent une prise de conscience aiguë de cette réalité au plus haut niveau de l’État.

Les prochains jours et semaines seront cruciaux pour évaluer la pérennité de ces résultats. Le phénomène Mobondo est-il véritablement en déclin, ou assiste-t-on seulement à un reflux temporaire ? Les réseaux de Kulunas, décapités par les arrestations, ne risquent-ils pas de se reconstituer rapidement ? La réponse à ces questions dépendra de la capacité des forces de sécurité à maintenir une pression constante et de la mise en œuvre effective des projets de résolution des conflits fonciers. Une chose est certaine : le gouvernement a enclenché une dynamique qu’il devra absolument entretenir pour restaurer une confiance longtemps érodée.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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