Une épaisse fumée âcre a plané ce mardi 24 mars 2026 sur la place de l’Indépendance de Kananga. Sous le regard des autorités et d’une foule curieuse, plusieurs tonnes de chanvre, saisies lors de récentes opérations, ont été réduites en cendres. Cette destruction spectaculaire, orchestrée non loin du gouvernorat provincial, marque un coup d’éclat dans la lutte contre les stupéfiants dans le Kasaï Central. Les services de sécurité ont ainsi démontré leur détermination à enrayer un fléau qui mine la région.
Les ballots incinérés représentaient le fruit de saisies échelonnées sur différents points névralgiques. Une partie substantielle a été interceptée aux postes de péage entourant la ville, révélant des tentatives d’acheminement par la route. Une autre cargaison significative a été découverte à l’aéroport de Kananga, prête à être embarquée à destination de Kinshasa, la capitale. Enfin, des raids menés dans des dépôts clandestins sur le territoire de Luiza, réputé pour abriter d’importantes plantations illicites, ont permis des saisies complémentaires. À ce stade, les propriétaires et commanditaires de ce trafic de drogue demeurent dans l’ombre, l’enquête se poursuivant activement.
La cérémonie, bien que brève, a été chargée de symboles. Le gouverneur intérimaire du Kasaï Central, Job Kuyindama Kandende, a personnellement supervisé l’opération. Face aux médias et aux représentants des forces de l’ordre, il a adressé de vives félicitations aux agents pour ce « joli coup de filet ». Son discours, ferme et sans ambiguïté, a ensuite insisté sur l’interdiction absolue de la commercialisation du chanvre et de toute autre substance stupéfiante sur l’étendue de la province. « Le Gouvernement provincial condamne avec sa dernière énergie tout trafic illicite de chanvre et toutes sortes de drogues », a-t-il tonné, marquant une ligne rouge infranchissable.
Le moment était également choisi pour tordre le cou à des rumeurs persistantes. En effet, une narration toxique circulait dans la ville, accusant à tort certains cercles provinciaux d’être impliqués, ou du moins complaisants, envers ce trafic. Le gouverneur Kuyindama a catégoriquement démenti ces allégations, défendant l’image d’intégrité des autorités qu’il dirige. Comment de telles rumeurs pourraient-elles persister face à une action aussi concrète et publique ? Cette mise au point semblait essentielle pour restaurer une confiance parfois érodée entre la population et ses dirigeants.
Au-delà du démenti, l’appel lancé par le premier responsable provincial était clair : la vigilance doit être collective. Job Kuyindama a invité, avec insistance, chaque citoyen à devenir un relais actif de la sécurité. Il a exhorté la population à dénoncer tout mouvement suspect, tout chargement anormal ou toute activité liée au trafic illicite de chanvre. Cette approche communautaire est présentée comme un maillon indispensable pour étouffer les réseaux criminels qui prospèrent dans l’ombre. La réussite de la police nationale congolaise dépend aussi de l’œil averti des civils.
Le commissaire provincial en chef de la Police Nationale Congolaise (PNC), Magnat Kabeya, est ensuite monté au créneau. Visiblement satisfait, il s’est réjoui de « l’appui continuel de l’exécutif et de la population » à ses unités. Cet appui, tant politique que citoyen, est décrit comme un carburant essentiel pour les opérations sur le terrain. Le commissaire Kabeya a, sans détour, réitéré l’engagement inébranlable de ses hommes. La traque aux trafiquants, qu’ils soient actifs ou en devenir, sera intensifiée. L’objectif est non seulement d’interpeller, mais aussi de décourager définitivement toute velléité de s’adonner à ce commerce illégal.
Cette incinération publique à Kananga n’est donc pas un simple geste symbolique. Elle s’inscrit dans une stratégie plus vaste de reconquête du territoire provincial face au narcotrafic. Elle démontre une capacité de coordination entre différentes unités des services de sécurité pour frapper aux points d’entrée, de transit et de stockage. La saisie de chanvre en RDC, particulièrement dans cette région agricole, reste un défi colossal. Mais l’action de ce mardi envoie un message fort : les autorités du Kasaï Central ont décidé de serrer la vis. La destruction de ces stocks représente un coup financier dur pour les réseaux obscurs et un avertissement sans équivoque pour l’avenir. La population attendra maintenant de voir si cette fermeté affichée se traduira par des arrestations et des démantèlements durables.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
