AccueilActualitéEnvironnementPollution aurifère à Basoko : Les dragues chinoises asphyxient la rivière Aruwimi

Pollution aurifère à Basoko : Les dragues chinoises asphyxient la rivière Aruwimi

Un silence lourd pèse sur les berges de l’Aruwimi, cette artère vitale du territoire de Basoko, dans la province de la Tshopo. Le doux clapotis des eaux a été remplacé par le ronflement métallique incessant de machines. Ici, à environ 135 kilomètres de Basoko-Centre, dans le secteur de Bangelema Mongandjo, un désastre écologique se déroule loin des regards, orchestré par les dragues robotisées de la société Zheng China. Le constat est sans appel : une exploitation aurifère intensive, déguisée en simple « recherche », a transformé la rivière nourricière en un égout toxique. Depuis 2023, cette réalité empoisonne l’existence des communautés riveraines, forçant un cri d’alarme généralisé ce vendredi 20 mars 2026.

Que s’est-il passé pour que la quiétude des villages de Likombe et Bahanga soit ainsi rompue ? La réponse flotte, littéralement, sur les eaux troubles de l’Aruwimi. Des engins imposants, véritables scaphandriers mécaniques, fouillent sans relâche le lit de la rivière. Sous couvert d’un permis de recherche, l’entreprise Zheng China a installé une exploitation minière permanente, une activité qui dépasse largement le cadre légal initial. Les clauses du permis sont-elles devenues un simple chiffon de papier face à l’appât du gain ? La frontière entre la recherche et l’exploitation sauvage s’est estompée, laissant place à une extraction frénétique de l’or, au mépris total de l’écosystème et des droits des populations.

Les conséquences de cette pollution massive sont déjà palpables et dramatiques. L’Aruwimi, autrefois source de vie, de nourriture et de transport, est asphyxiée. Les sédiments remués en permanence par les dragues étouffent la faune aquatique, décimant les stocks de poissons qui constituaient la base de l’alimentation et de l’économie locale. L’eau, chargée de métaux lourds et de résidus chimiques utilisés dans le processus d’extraction de l’or, devient un poison lent pour les habitants qui n’ont souvent d’autre choix que de l’utiliser pour boire, cuisiner et se laver. À Likombe et à Bahanga, les moyens de subsistance traditionnels s’effondrent. La pêche n’est plus qu’un souvenir, et les cultures riveraines pâtissent de cette contamination insidieuse. Comment ces communautés peuvent-elles survivre lorsque leur environnement immédiat est méthodiquement détruit ?

Cette situation soulève des questions brûlantes de gouvernance et de justice environnementale en République Démocratique du Congo. Où sont passés les mécanismes de contrôle ? Pourquoi les autorités compétentes, alertées à maintes reprises par les cris de détresse des riverains, tardent-elles à intervenir avec la fermeté requise ? L’exploitation aurifère menée par Zheng China près de Basoko dans la Tshopo n’est pas sans rappeler d’autres scandales écologiques, comme celui de l’entreprise CDM à Lubumbashi, sanctionnée pour pollution. Faut-il attendre que le désastre atteigne un point de non-retour pour agir ? La recherche effrénée du profit justifie-t-elle la destruction des biens communs et la violation des droits fondamentaux des Congolais ?

Le paysage fluvial de l’Aruwimi, radicalement altéré, est le triste symbole d’un modèle prédateur. Les dragues robotisées, symboles d’une technologie au service d’une extraction sans conscience, creusent bien plus que le lit de la rivière. Elles creusent le fossé de l’injustice et hypothèquent l’avenir de toute une région. La pollution de la rivière Aruwimi n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix et de laxisme. L’appel lancé par les populations de Basoko est plus qu’une plainte ; c’est un test pour l’État de droit et la capacité de la RDC à protéger son patrimoine naturel et ses citoyens face à des intérêts souvent opaques. Le temps n’est plus aux avertissements, mais à l’action. La survie de l’Aruwimi et des siens en dépend.

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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