Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, James Swan, a été reçu ce mercredi 2 septembre à Kigali par le président rwandais Paul Kagame. Cette rencontre, à laquelle participait également Huang Xia, envoyé spécial de l’ONU pour la région des Grands Lacs, a porté sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et ses répercussions sur le Rwanda voisin.
Une rencontre axée sur les causes profondes du conflit
Selon la présidence rwandaise, les discussions ont mis l’accent sur « la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du conflit dans l’Est de la RDC et à son impact sur la sécurité du Rwanda ». Cette formulation souligne la position de Kigali, qui lie directement la stabilité de son territoire à la situation dans les provinces orientales congolaises. Avant de rencontrer le chef de l’État, James Swan s’était entretenu avec le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe. Le ministère a indiqué que les échanges ont porté sur « l’évolution de la situation régionale, notamment dans l’Est de la RDC, et sur les efforts en cours pour instaurer la paix et la stabilité dans la région ».
Un contexte de tensions autour du rapatriement des FDLR
Cette visite intervient dans un climat de divergences entre Kigali et la MONUSCO, notamment sur la question du rapatriement des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Le ministre rwandais des Affaires étrangères a récemment accusé la mission onusienne d’avoir rapatrié des civils congolais présentés à tort comme d’anciens combattants FDLR. Dans un message publié sur le réseau social X, Olivier Nduhungirehe a affirmé que « depuis le mois d’octobre de l’année passée, 81 personnes rapatriées par la MONUSCO, en tant qu’ex-combattants FDLR, se sont plus tard révélées être des civils congolais de père et de mère, sans aucune origine rwandaise et sans aucun antécédent dans des groupes armés ». Il a également indiqué que 69 de ces personnes auraient déclaré avoir accepté de se présenter comme d’anciens combattants « sous promesse de bénéfices » liés au programme de démobilisation rwandais.
La MONUSCO défend son processus de vérification
Face à ces accusations, la MONUSCO a rappelé que son programme de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDRRR) prévoit un processus de vérification en plusieurs étapes avant tout rapatriement vers le Rwanda. Seuls les dossiers jugés recevables sont transmis à la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration, qui donne son approbation finale. La mission onusienne a également précisé qu’elle n’était pas impliquée dans le récent retour en RDC de 39 personnes présentées par Kigali comme des civils congolais s’étant faussement identifiés comme ex-combattants FDLR. La MONUSCO affirme demeurer attachée à « l’indépendance, l’intégrité et la transparence » de ce processus.
Une tournée avant le Conseil de sécurité
La rencontre de Kigali s’inscrit dans une tournée régionale du chef de la MONUSCO, qui doit intervenir ce mois de septembre devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Cette présentation permettra d’évaluer la mise en œuvre du mandat de la mission, dont la dernière prorogation expire en décembre 2026. Les échanges avec les autorités rwandaises revêtent donc une importance particulière, alors que certains officiels rwandais se sont montrés critiques à l’égard de la MONUSCO, l’accusant d’incapacité à restaurer la paix dans l’Est de la RDC malgré plus de vingt ans de présence.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
