La Mission des Nations unies en RDC (MONUSCO) a installé une base opérationnelle mobile à Niania, dans le territoire de Mambasa en Ituri. Ce dispositif vise à renforcer la sécurité des équipes engagées dans la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola. Déployée depuis une semaine par des casques bleus bangladais, cette base doit notamment contribuer à protéger les centres de traitement, le personnel soignant et les équipes humanitaires intervenant dans cette zone située à environ 350 kilomètres au sud-ouest de Bunia.
L’aire de santé de Niania figure parmi les zones touchées par l’épidémie. Selon des sources médicales, elle a enregistré plus de 200 cas confirmés, dont 123 décès. La riposte y est confrontée à des difficultés sécuritaires. Le centre de traitement d’Ebola de PK51 a notamment été la cible de plusieurs attaques attribuées à des habitants, selon des sources locales. Ces incidents compliquent l’accès aux soins et augmentent les risques pour les patients comme pour les soignants.
Un appui sécuritaire pour faciliter la riposte sanitaire
Face à ces menaces, les casques bleus appuient les Forces armées de la RDC (FARDC) dans la sécurisation des structures sanitaires et des équipes humanitaires. Ils effectuent également des patrouilles conjointes dans les zones à risque et assurent l’escorte de convois humanitaires. Cette présence militaire vise à créer un environnement plus sûr pour que les soignants puissent travailler et que les malades puissent être pris en charge sans crainte. Concrètement, cela signifie que les équipes médicales peuvent se déplacer plus facilement vers les villages touchés, que les centres de traitement sont moins exposés aux intrusions et que les médicaments et équipements arrivent à destination.
Un modèle déjà expérimenté à Mongwalu
La base de Niania s’ajoute à celle installée à Mongwalu, dans le territoire de Djugu, où un autre contingent bangladais de la MONUSCO est présent depuis trois mois. Selon des sources locales, ce déploiement a contribué à améliorer les conditions de travail des équipes médicales et humanitaires chargées de la prise en charge des malades. L’administrateur du territoire de Djugu plaide pour le renforcement de cette collaboration entre les forces de sécurité et les acteurs de la riposte, afin de faciliter l’accès aux zones les plus exposées et de soutenir les efforts de lutte contre Ebola. Cette expérience montre qu’une présence militaire dissuasive peut réduire les entraves à la riposte sanitaire, même si elle ne résout pas à elle seule les causes profondes de la méfiance ou des violences.
Au-delà d’Ebola, la protection des civils
Au-delà de la réponse à l’épidémie, les casques bleus apportent également leur appui aux FARDC pour la protection des populations civiles contre les attaques de groupes armés, notamment les ADF. Cette double mission – sanitaire et sécuritaire – illustre la complexité de l’intervention dans une région où les défis humanitaires et militaires se superposent. Pour les habitants de Niania et des environs, l’arrivée de cette base peut donc signifier à la fois un meilleur accès aux soins contre Ebola et une protection renforcée face aux violences armées, même si les résultats dépendront de la coopération entre tous les acteurs sur le terrain.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
