La décision du Gouvernement central de supprimer les barrières illégales le long de la Route nationale numéro 1 (RN1) est accueillie avec soulagement par les opérateurs économiques de l’espace Grand Bandundu. La Fédération des entreprises du Congo (FEC) a exprimé, ce mardi 25 août, sa satisfaction face à une mesure qui devrait fluidifier le transport des marchandises et réduire les coûts supportés par les commerçants. Cette annonce intervient dans un contexte où les acteurs économiques de la région dénonçaient depuis longtemps les tracasseries administratives et les prélèvements informels qui entravaient la libre circulation des biens.
Un soulagement pour les acteurs économiques
Le président de la FEC locale, Phifa Mikabar, a remercié les autorités nationales pour cette décision. Selon lui, le démantèlement de ces barrières devrait faciliter la circulation des marchandises, réduire certains coûts de transport et alléger les charges supportées par les commerçants. Cette mesure intervient après des plaintes répétées des opérateurs économiques concernant les tracasseries sur cet axe. Pour les commerçants, chaque barrière illégale représentait un point de prélèvement supplémentaire, augmentant mécaniquement le prix final des produits transportés. La suppression de ces obstacles devrait donc se traduire par une baisse des coûts logistiques, un gain de temps pour les transporteurs et, à terme, une possible réduction des prix pour les consommateurs de la région.
Des autorités provinciales pointées du doigt
Phifa Mikabar regrette toutefois ce qu’il qualifie « d’inaction » des autorités provinciales du Kwilu, du Kwango et du Maï-Ndombe, qui composent l’espace Grand Bandundu. Malgré les plaintes répétées des opérateurs économiques, ces autorités n’auraient pas pris de mesures suffisantes pour mettre fin aux tracasseries sur la RN1 par le passé. Cette critique met en lumière un décalage entre les décisions prises au niveau central et leur application effective sur le terrain. Les provinces concernées, pourtant directement responsables de la gestion de leur territoire, n’auraient pas répondu aux attentes des acteurs économiques locaux, laissant perdurer des pratiques illégales qui pénalisaient l’ensemble de la chaîne commerciale.
Des recettes sans note de perception
La FEC demande également à la Police de surveillance routière (PSR) de reverser au Trésor public les sommes qui auraient été perçues sans note de perception sur ces barrières. Phifa Mikabar affirme que les montants variaient selon les véhicules : 1 000 francs congolais pour les motos et jusqu’à 40 000 francs (environ 18 USD) pour les gros véhicules. « Nous demandons aussi à la Police de circulation routière (PCR) de rembourser au Trésor public tous les frais perçus sans note de perception », a-t-il plaidé. Ces prélèvements, effectués en dehors de tout cadre légal, représentaient une charge supplémentaire pour les transporteurs et les commerçants, sans aucune contrepartie en termes de services publics. La FEC insiste sur la nécessité de régulariser ces perceptions et de garantir que les fonds collectés soient effectivement versés au Trésor public, afin de financer les infrastructures et les services dont la région a besoin.
Une question de transparence
La FEC s’interroge par ailleurs sur la destination de ces recettes, soulignant que des agents de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) n’étaient pas présents sur les différentes barrières concernées. Cette absence soulève des questions sur la gestion des fonds collectés et sur la nécessité d’un contrôle plus strict des perceptions le long de la RN1. Pour les opérateurs économiques, la transparence dans la collecte des recettes est essentielle pour instaurer un climat de confiance et encourager les investissements. La suppression des barrières illégales est une première étape, mais elle doit s’accompagner d’un renforcement des mécanismes de contrôle et de redevabilité pour éviter que de nouvelles pratiques informelles ne réapparaissent. À terme, une gestion plus rigoureuse des recettes publiques pourrait contribuer à améliorer les conditions de transport et à soutenir le développement économique de l’espace Grand Bandundu.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
