À une semaine de la rentrée scolaire 2026-2027, le Réseau des ONG de défense des droits des déplacés internes en RDC (RODDI-RDC) tire la sonnette d’alarme. Dans un plaidoyer rendu public ce lundi 24 août depuis le Kwango, l’organisation alerte sur le risque d’exclusion scolaire de milliers d’enfants ayant fui les violences. Une situation qui interroge la capacité des pouvoirs publics à garantir le droit à l’éducation pour tous, y compris pour les populations déplacées.
Un appel à la mobilisation pour les enfants déplacés
Le coordonnateur du RODDI-RDC, Symphorien Kwengo, explique que la situation concerne notamment des familles déplacées du Nord-Kivu, du Mai-Ndombe, du Kwilu, de l’Ituri et de Kinshasa. Ces familles, contraintes de quitter leurs foyers en raison des violences, se retrouvent souvent sans ressources suffisantes pour scolariser leurs enfants. L’organisation demande ainsi la distribution urgente de kits scolaires comprenant notamment des uniformes, des sacs, des cahiers et des stylos. Cette demande vise à lever un obstacle matériel immédiat, car sans ces fournitures de base, de nombreux enfants risquent de ne pas pouvoir suivre les cours dans des conditions normales.
Des mesures concrètes pour une rentrée inclusive
Pour faciliter la rentrée des enfants déplacés, le RODDDI-RDC recommande également l’aménagement de structures d’accueil temporaires et le renforcement des capacités matérielles des écoles qui accueillent ces enfants, afin de faire face à l’augmentation des effectifs. Ces mesures visent à éviter que les enfants déplacés ne soient laissés pour compte dans un système éducatif déjà sous pression. L’enjeu est de taille : sans une adaptation rapide des infrastructures et des ressources, l’afflux d’élèves supplémentaires pourrait dégrader les conditions d’apprentissage pour tous, y compris pour les enfants des communautés hôtes.
Rattrapage scolaire et accompagnement psychosocial
Symphorien Kwengo préconise aussi la mise en place de modules de rattrapage accéléré pour les enfants dont la scolarité a été interrompue par les déplacements. Il demande par ailleurs un accompagnement psychosocial renforcé, notamment en faveur des filles, des enfants vivant avec un handicap et des orphelins. Ces groupes sont particulièrement vulnérables et risquent de voir leur parcours éducatif durablement compromis. Le plaidoyer insiste sur la nécessité de prendre en compte les traumatismes liés au déplacement, qui peuvent entraver la capacité des enfants à se concentrer et à apprendre.
Un financement urgent attendu du Gouvernement et des partenaires
Face à ces besoins, le RODDDI-RDC appelle le Gouvernement et les partenaires humanitaires à débloquer des ressources financières et matérielles avant la rentrée scolaire. L’organisation estime qu’une réponse rapide est nécessaire pour permettre aux enfants déplacés de retrouver le chemin de l’école et éviter que leur situation de déplacement ne compromette davantage leur scolarité. La balle est désormais dans le camp des autorités, qui devront transformer cet appel en actions concrètes pour que la rentrée scolaire ne soit pas synonyme d’exclusion pour les plus fragiles. À défaut, le risque est de voir se creuser davantage les inégalités éducatives dans un pays où l’accès à l’école reste un défi majeur pour de nombreuses familles.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
