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Éducation en RDC : Raïssa Malu exige des actes, pas seulement des rapports

La ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a clos ce lundi 24 août à Menkao, dans la commune de Maluku à Kinshasa, la Réunion annuelle d’évaluation de l’Inspection scolaire 2025-2026. Devant les Inspecteurs généraux adjoints et les Inspecteurs principaux provinciaux des 60 provinces éducationnelles, elle a posé un constat sans détour : les recommandations issues des précédentes assises peinent à se traduire en actes. Seulement 35 % d’entre elles ont été mises en œuvre, un chiffre qui interroge la capacité du système éducatif congolais à se réformer en profondeur.

Ce rendez-vous annuel, placé sous le thème « Numérisation de l’inspection scolaire : vers un contrôle, un suivi et un accompagnement pédagogiques plus efficaces », devait pourtant servir de boussole pour l’année à venir. Mais le faible taux d’exécution des recommandations révèle un décalage persistant entre les intentions affichées et la réalité des salles de classe. Pour la ministre, il ne suffit plus de produire des rapports : chaque recommandation importante doit désormais être assortie d’un responsable, d’une échéance et d’un résultat attendu. Une exigence de redevabilité qui, si elle est appliquée, pourrait changer la donne pour les élèves et les enseignants.

Des difficultés de terrain reconnues, mais une exigence de résultats

Raïssa Malu n’a pas nié les obstacles auxquels font face les inspecteurs. Manque d’effectifs dans certaines zones, insuffisance des moyens de mobilité, contraintes sécuritaires, besoins d’accompagnement pédagogique : la liste des difficultés est longue. Mais ces contraintes ne sauraient justifier l’immobilisme. La ministre a appelé l’Inspection scolaire à aller au-delà des constats et des rapports pour contribuer concrètement à l’amélioration du système éducatif. Une posture qui place les inspecteurs face à leur responsabilité : celle de transformer les données en décisions utiles pour les établissements.

L’exploitation des résultats de l’Examen d’État illustre cette exigence. Au-delà des simples taux de réussite, ces données doivent permettre d’identifier les établissements durablement en difficulté, de comprendre les écarts entre les différentes options et de suivre l’évolution des performances des filles. Autant d’indicateurs qui, bien utilisés, pourraient orienter les politiques éducatives vers les zones les plus fragiles. Mais encore faut-il que les inspecteurs disposent des outils et de la volonté nécessaires pour transformer ces chiffres en actions ciblées.

La numérisation comme levier de suivi et de proximité

La ministre a également insisté sur la nécessité pour l’Inspection scolaire de rester proche des salles de classe. La numérisation de l’inspection, thème central de ces assises, est présentée comme un moyen de faciliter le suivi des missions et l’exploitation des données éducatives. Un outil potentiellement précieux pour réduire les distances, améliorer la réactivité et renforcer la transparence. Mais la technologie ne résoudra rien sans une culture de l’évaluation et de la responsabilité. C’est tout l’enjeu de la réforme esquissée à Menkao : faire de l’inspection un véritable levier de qualité, et non une simple instance de contrôle.

Un centre d’excellence pour incarner le changement

En marge de la clôture, Raïssa Malu a posé la première pierre du Centre d’Excellence et d’Innovations éducatives, dénommé « Raïssa Malu », à Menkao. Financé sur fonds propres de l’Inspection générale de l’éducation nationale et implanté sur environ trois hectares, ce centre est présenté comme une infrastructure destinée à renforcer les capacités de l’Inspection générale en matière de coordination, de contrôle, de formation et d’évaluation. Bureaux, salles de réunion et de formation, grande salle polyvalente, espaces d’hébergement, terrains, parkings : le projet se veut complet. La ministre a rendu hommage à l’Inspecteur général chef de corps, Hubert Kimbonza Sefu, pour avoir porté ce projet.

Reste à savoir si ce centre, une fois opérationnel, permettra de combler le fossé entre les recommandations et leur mise en œuvre. Car c’est bien là le cœur du problème : un système éducatif qui produit des analyses mais peine à les transformer en améliorations concrètes pour les élèves congolais. La balle est désormais dans le camp de l’Inspection scolaire, sommée de passer des paroles aux actes.

Article Ecrit par Chloé Kasong

Source: actu30.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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