L’opposant Delly Sesanga, figure de la coalition C64, a qualifié de « recul » la décision du président Félix Tshisekedi d’organiser un dialogue national inclusif, selon les propos rapportés par le trihebdomadaire Congo Nouveau. Cette annonce, intervenue dans un climat de tensions politiques, marque un tournant dans le bras de fer entre le pouvoir et l’opposition, qui avait initialement exclu toute concertation.
Un revirement attribué à la mobilisation de la C64
D’après Congo Nouveau, Delly Sesanga estime que la mobilisation de la coalition C64 a contraint le chef de l’État à revenir sur ses positions. L’opposant affirme que le pouvoir a dû céder face à la pression, alors que les manifestations prévues ce mercredi 22 juillet ont été suspendues pour laisser place à l’apaisement. Le journal Le Phare précise que la C64 a fixé un ultimatum au président Tshisekedi : convoquer ce dialogue avant le 15 août, sous l’égide de facilitateurs religieux. Cette suspension des actions de rue, tout en maintenant une exigence de calendrier, illustre une stratégie de l’opposition visant à obtenir des garanties sans renoncer à la pression.
Le rejet catégorique de l’AFC/M23
En contraste, le coordonnateur de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, rejette catégoriquement toute négociation avec Kinshasa, rapporte Congo Nouveau. Cette position souligne la complexité du paysage politique, où les acteurs armés restent en marge du processus de concertation nationale. Le Potentiel relève un paradoxe : alors que le pouvoir écarte l’ancien président Joseph Kabila en raison de poursuites judiciaires, les représentants de l’AFC/M23 sont associés aux discussions dans le cadre distinct des pourparlers de paix. Cette distinction entre dialogue national et négociations de paix met en lumière les lignes rouges posées par le pouvoir, qui entend circonscrire le périmètre des discussions.
Un signal pour la stabilité économique
Le report des manifestations et l’ouverture d’un cadre de dialogue constituent un signal positif pour la stabilité macroéconomique, analyse Econews. Le journal souligne que cette décrispation politique est indispensable pour rassurer les investisseurs et préserver le climat des affaires. De son côté, Infos 27 salue le choix de la voie du dialogue, tout en mettant en garde : la quête du consensus ne doit pas servir d’emballage à l’impunité ni remettre en cause les acquis de la gouvernance et de la souveraineté économique du pays. Cette mise en garde rappelle que le processus de dialogue, bien qu’essentiel pour l’apaisement, doit s’inscrire dans le respect des principes de responsabilité et de continuité de l’État.
Le calendrier reste serré. L’ultimatum du 15 août imposé par la C64 place le président Tshisekedi face à une échéance précise, sous la surveillance des facilitateurs religieux. La suspension des manifestations de rue offre une fenêtre d’apaisement, mais les lignes rouges posées par le pouvoir, notamment l’exclusion de Joseph Kabila, pourraient compliquer la recherche d’un consensus large. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la portée réelle de ce dialogue annoncé, alors que les positions des différents acteurs restent fermement campées.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
