L’épidémie d’Ebola en Ituri, déclarée le 15 mai, progresse plus vite que les précédentes, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Son directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé un appel urgent au financement pour combler un déficit de plus de 400 millions de dollars sur un plan de riposte de 518 millions. Cette situation met en lumière les défis de la réponse sanitaire dans une région déjà fragilisée.
Un plan continental pour endiguer la propagation
Le Plan continental conjoint OMS–Africa CDC, lancé en juin 2026, vise à renforcer les capacités de préparation, de surveillance et de réponse en Afrique. D’une durée de six mois, il réunit gouvernements, partenaires et communautés autour d’une approche unifiée baptisée « Une seule riposte ». Les fonds doivent soutenir la coordination des urgences, la surveillance épidémiologique, les laboratoires, la prévention des infections, la prise en charge clinique et l’engagement communautaire. Concrètement, cela signifie que les pays peuvent détecter plus rapidement les cas suspects, isoler les malades et limiter la transmission. Sans ces moyens, les systèmes de santé risquent d’être débordés, comme cela a été observé lors d’épidémies antérieures.
Un déficit de financement qui menace la riposte
« Il nous manque encore plus de 400 millions de dollars », a plaidé le Dr Tedros, exhortant les donateurs à agir vite. Il a insisté sur le fait que cet appui n’est pas de la charité, mais un investissement pour la sécurité sanitaire mondiale. Sans ces ressources, les efforts de détection précoce et de riposte risquent d’être compromis, alors que l’épidémie continue de gagner du terrain. Le directeur général de l’OMS a souligné que la propagation actuelle est plus rapide que lors des flambées précédentes, ce qui accroît l’urgence de la mobilisation. Les fonds manquants pourraient retarder le déploiement des équipes, l’achat de matériel de protection et la mise en place de campagnes de sensibilisation communautaire, essentielles pour briser les chaînes de transmission.
Des défis persistants en RDC
En RDC, la riposte est perturbée par des grèves de professionnels de santé réclamant de meilleures conditions, et par des contraintes sécuritaires dans les zones touchées. Ces obstacles compliquent le déploiement des équipes, malgré l’expérience du pays face à seize épidémies précédentes. Les mouvements de grève des prestataires de santé, qui demandent une meilleure prise en charge de leurs revendications, ralentissent les interventions sur le terrain. Par ailleurs, l’insécurité persistante dans certaines localités de l’Ituri empêche un accès rapide aux communautés affectées, ce qui favorise la propagation du virus. Pendant ce temps, l’Ouganda a réussi à maîtriser sa flambée et entame le compte à rebours vers la fin de l’épidémie, démontrant qu’une réponse bien coordonnée peut être efficace.
Un investissement pour la sécurité de tous
Le directeur général de l’OMS a rappelé que soutenir ce plan, c’est protéger la santé au-delà des frontières. « Il ne s’agit pas de charité, mais d’un investissement dans la sécurité nationale », a-t-il martelé. La communauté internationale est appelée à se mobiliser rapidement pour éviter une aggravation de la situation en Ituri et dans les pays voisins. Chaque dollar investi dans la préparation et la riposte peut permettre de sauver des vies et de prévenir des coûts économiques bien plus élevés à long terme. L’expérience montre que les épidémies non contrôlées peuvent avoir des répercussions sur le commerce, les déplacements et la stabilité régionale. Il est donc dans l’intérêt de tous de combler ce déficit de financement sans délai.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
