La multiplication des contrôles et des taxes sur la Route nationale n°1 transforme chaque voyage entre le Kongo‑Central et Kinshasa en un parcours d’obstacles pour les chauffeurs de taxi‑voyageurs et leurs passagers. Derrière la banalisation des tracasseries routières, c’est la fiabilité du transport interurbain et la vie quotidienne des Congolais qui sont mises à l’épreuve.
Des prélèvements en cascade qui alourdissent le trajet
Dès l’entrée dans la capitale, à Mitendi, les chauffeurs sont confrontés à une première barrière financière. Un conducteur témoigne : « Dès qu’on arrive à Mitendi, il y a des agents qui nous font payer une taxe qu’ils appellent Inter‑urbain, qui coûte 30 USD. Ils nous font payer en même temps un jeton de stationnement. » Le parcours ne s’arrête pas là. Quelques kilomètres plus loin, avant d’atteindre Cité verte, un nouveau bureau impose un arrêt supplémentaire. Ces ponctions répétées, que les chauffeurs qualifient de « tracasseries terribles », s’ajoutent aux frais de carburant et d’entretien, rognant des revenus déjà modestes.
Des voyageurs pris au piège de l’incertitude
Les conséquences de ces pratiques ne se limitent pas aux pertes financières. Les passagers subissent des retards qui rendent chaque déplacement imprévisible. Un voyageur s’interroge : « Même si tu as des urgences, tu ne peux pas espérer rouler jusqu’à Kinshasa sans perdre du temps sur la route. Nos autorités voient ce qui se passent ou ils ne voient pas ? » Cette question traduit un sentiment d’abandon face à des services publics qui semblent fonctionner à rebours de leur mission. Pour des milliers de Congolais qui dépendent de cet axe vital, l’accès aux soins, aux marchés ou aux rendez‑vous administratifs devient une loterie.
Un appel à la responsabilité des autorités
Face à cette situation, les chauffeurs ne se contentent pas de dénoncer. Ils demandent un encadrement strict des agents déployés sur la route et la fin des perceptions abusives. Leur revendication est claire : un contrôle rigoureux et régulier des services étatiques pour restaurer la fluidité du trafic. Le ministère des Transports, par la voix de son service de communication, a réagi en assurant que des vérifications seront effectuées. Cette promesse, si elle est tenue, pourrait marquer un premier pas vers l’assainissement d’un corridor essentiel pour l’économie et la cohésion du pays.
En attendant, chaque voyage reste une épreuve où le temps et l’argent des citoyens sont mis à mal par des pratiques qui interrogent la gouvernance des infrastructures publiques.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
