Le Comité de crise de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) a rendu publique sa version des faits, mercredi 15 juillet, dans le litige qui l’oppose au sénateur Modeste Bahati Lukwebo autour de la direction du parti. Dans un communiqué signé par Shetebo Paulin-Moustapha, cette structure dissidente entend « éclairer l’opinion nationale et internationale » sur la procédure judiciaire en cours.
La validation des résolutions, prérogative exclusive du ministère de l’Intérieur
Le Comité de crise rappelle que la validation des résolutions d’un congrès politique relève exclusivement du ministère de l’Intérieur. Il affirme que l’autorité de tutelle n’a jamais entériné les conclusions du congrès organisé par le camp Bahati, qualifié de « frauduleux ». Selon le communiqué, le ministère, saisi par le président du Comité de crise Otto Bahizi, a suspendu ces résolutions par une correspondance du 13 avril 2026, en raison d’« irrégularités flagrantes ».
Un recours judiciaire contesté par le Comité de crise
Le Comité de crise accuse Modeste Bahati d’avoir contourné les prérogatives du ministère en portant l’affaire devant la justice. Le communiqué dénonce une instrumentalisation de la justice et un mépris de la loi n°04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques, appuyée par l’article 6 de la Constitution de 2006. Il est également reproché au président du parti d’avoir tenté d’obtenir une décision en matière gracieuse devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe pour « valider ses ambitions personnelles ».
Une tierce opposition et une audience fixée au 22 juillet
En réaction, Otto Bahizi a introduit une procédure de tierce opposition pour contester cette décision. Concernant l’audience du 8 juillet 2026, le Comité de crise rejette les interprétations de la partie adverse et précise que le tribunal ne s’est pas prononcé sur le fond. « Contrairement aux affirmations biaisées de la partie adverse, le Tribunal n’a nullement débouté le président Otto Bahizi et le Comité de crise », indique le communiqué. Le tribunal a simplement soulevé une exception de forme relative à l’adresse permanente du demandeur, jugée temporaire. Cette irrégularité a été corrigée et la prochaine audience est fixée au 22 juillet 2026.
Une crise née en mars 2026
Le Comité de crise réaffirme sa confiance dans les institutions judiciaires et sa détermination à poursuivre les démarches. La crise au sein de l’AFDC remonte à mars 2026, lorsqu’une frange des membres fondateurs et des cadres a annoncé la destitution de Modeste Bahati Lukwebo, accusé de gestion unilatérale et de prises de position sans consultation. Ces dissidents avaient alors mis en place le Comité de crise dirigé par Otto Bahizi.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
