La cacophonie administrative qui paralyse la gestion foncière à Beni a été au cœur d’une réunion de concertation présidée, lundi 13 juillet 2026, par Espérance Kazabe, coordonnatrice principale chargée des affaires foncières au Nord-Kivu. Dépêchée sur instruction du gouverneur militaire, le général-major Evariste Somo, elle a tenté de remettre de l’ordre dans des services où la confusion des compétences nourrit l’incertitude des citoyens. Cette initiative, qui a réuni le conservateur des titres immobiliers, le maire de la ville et les bourgmestres des communes, soulève une question essentielle : comment rétablir la confiance quand l’administration elle-même semble se contredire ?
Un conflit de compétences qui pénalise les usagers
Depuis des mois, la Conservation des titres immobiliers et la Division du cadastre se renvoient la balle, créant un labyrinthe administratif pour quiconque cherche à obtenir un titre parcellaire. Cette situation, dénoncée par la population, est à la base de nombreux blocages dans le traitement des dossiers fonciers. Les citoyens, souvent peu familiers des arcanes administratives, se retrouvent pris au piège d’une guerre de prérogatives dont ils sont les premières victimes. Chaque jour perdu dans ces méandres représente un coût social et économique, car l’insécurité juridique sur la propriété freine les investissements et entretient un climat de précarité.
Des clarifications attendues pour stabiliser le secteur
À l’issue des échanges, le conservateur des titres immobiliers de Beni, Jeannot Saasita, a reconnu que le flou actuel semait la confusion chez les administrés. Il a indiqué que des précisions avaient été apportées sur les rôles respectifs des deux entités, une étape jugée indispensable pour stabiliser la gestion foncière. Sans une délimitation claire, les dossiers continueront de s’empiler, et la confiance des citoyens restera érodée. Cette clarification des attributions est un préalable à toute réforme durable, car elle conditionne la capacité des services à traiter les demandes avec célérité et transparence. Pour les habitants de Beni, l’enjeu est concret : il s’agit de pouvoir faire valoir leurs droits sans craindre l’arbitraire ou l’inertie.
Un espoir de discipline porté par les élus locaux
Le bourgmestre de la commune de Mulekera, le commissaire supérieur Ngongo Mayanga, a salué la tenue de ce cadre de concertation. Il espère que cette initiative permettra de restaurer la discipline et d’améliorer le fonctionnement des services fonciers. Son intervention traduit l’attente des autorités locales, confrontées quotidiennement aux plaintes des habitants. En effet, les bourgmestres sont en première ligne pour constater les conséquences de cette désorganisation : conflits de voisinage, constructions illégales, ou encore difficultés pour les familles à sécuriser leur patrimoine. Leur adhésion au processus est donc un signal positif, mais elle ne suffira pas si les mesures annoncées ne sont pas suivies d’effets rapides.
En s’attaquant à ce nœud administratif, le gouvernorat du Nord-Kivu cherche à rétablir une gestion plus transparente et harmonisée. La démarche, impulsée par le général-major Evariste Somo, montre une volonté politique de reprendre le contrôle d’un secteur stratégique pour le développement local. Reste à savoir si les clarifications annoncées se traduiront rapidement par des actes concrets, car derrière chaque dossier en souffrance, c’est le quotidien de familles entières qui est suspendu. La crédibilité de l’État dépendra de sa capacité à transformer cette concertation en améliorations tangibles pour les citoyens de Beni.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
