Les agents de la Régie des Voies Aériennes (RVA) en poste à Gbadolite, dans la province du Nord‑Ubangi, vivent une situation de précarité extrême. Ils dénoncent plus de 143 mois d’arriérés de salaires, soit plus de onze années sans rémunération régulière. Cette absence prolongée de revenus a des conséquences directes sur leur capacité à subvenir aux besoins essentiels de leurs familles. Comprendre les mécanismes de cette crise permet d’en mesurer l’impact concret sur la vie quotidienne des travailleurs et de leurs proches.
Une précarité qui touche tous les aspects de la vie quotidienne
L’absence de salaire depuis plus d’une décennie plonge ces travailleurs et leurs proches dans une insécurité alimentaire chronique. Concrètement, cela signifie qu’ils ne peuvent plus assurer une alimentation suffisante, ni payer les soins de santé ou les frais de scolarité de leurs enfants. Chaque mois sans rémunération aggrave leur vulnérabilité : un enfant malade ne peut être soigné, un élève risque d’être renvoyé faute de paiement, et le repas quotidien devient incertain. Cette situation illustre comment un dysfonctionnement administratif peut se transformer en crise humanitaire silencieuse pour des ménages entiers, avec des effets en cascade sur la santé, l’éducation et la stabilité familiale.
Une mobilisation citoyenne pour briser le silence
Face à cette détresse, la Synergie Citoyenne pour le Changement, une organisation de la société civile, a organisé une marche pacifique aux côtés des agents. L’objectif était de dénoncer ce qu’ils qualifient de violation des droits des travailleurs. Un mémorandum a été déposé au gouvernorat du Nord‑Ubangi, détaillant les difficultés rencontrées et les revendications urgentes. Cette démarche vise à attirer l’attention des autorités sur une situation qui, bien que connue, n’a jusqu’ici suscité aucune réponse concrète. La mobilisation citoyenne joue ici un rôle de catalyseur, en portant la voix des agents dans l’espace public et en exerçant une pression pacifique pour obtenir des solutions.
Une grève sans solution, mais des services maintenus
Depuis le 22 juin 2026, les agents ont lancé un mouvement de grève pour exiger le paiement immédiat de leurs arriérés. Pourtant, à ce jour, aucune solution concrète n’a été apportée. Malgré cette impasse, certains employés continuent d’assurer des tâches indispensables au fonctionnement de l’aéroport de Gbadolite. Ce choix, dicté par la conscience professionnelle, permet de maintenir un service minimum vital pour la région, notamment pour les évacuations sanitaires ou l’acheminement de biens essentiels. Cependant, cette situation reste fragile : la lassitude et l’épuisement des agents pourraient à terme compromettre la continuité des opérations aéroportuaires, avec des répercussions sur toute la province du Nord‑Ubangi.
Des revendications claires pour sortir de la crise
Les agents réclament le paiement intégral des 143 mois d’arriérés, mais aussi la mise en place de mesures durables pour garantir une rémunération régulière à l’avenir. Ils attendent une réaction claire du gouvernement et de la direction générale de la RVA, qu’ils accusent de silence face à cette crise. Sans intervention rapide, la situation risque de se dégrader davantage, avec des conséquences potentiellement plus larges sur la desserte aérienne de cette partie du Nord‑Ubangi. Pour les ménages concernés, chaque jour sans réponse accentue la précarité et réduit les perspectives d’amélioration. La résolution de ce conflit social nécessite une volonté politique et des mécanismes de paiement pérennes, afin d’éviter que de tels arriérés ne se reproduisent.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
