La cité de Dilolo, dans la province du Lualaba, a été le théâtre de violences le jeudi 9 juillet, avec le saccage et l’incendie des bureaux du tribunal de paix et du parquet. La prison locale a également été attaquée, entraînant l’évasion de six détenus. Ces événements font suite au décès d’un homme lors d’une procédure judiciaire, un drame qui a cristallisé la colère d’une population dénonçant une justice perçue comme arbitraire.
L’origine de ces troubles remonte à une plainte déposée par l’épouse d’un homme, qui a été entendu au parquet. Durant l’instruction menée par un officier de police judiciaire, l’homme a fait un malaise. Il est décédé alors qu’il était transféré vers l’hôpital général de référence. Sa famille, accompagnée d’une foule, a déposé le corps devant les bureaux du parquet, accusant la justice d’avoir tardé à prendre en charge le malade.
Un décès qui déclenche la colère
La mort de cet homme a agi comme un détonateur. Les manifestants, estimant que les autorités judiciaires n’avaient pas réagi assez vite face à son malaise, ont exprimé leur frustration de manière violente. Ils ont vandalisé puis incendié les locaux du parquet et du tribunal de paix. Cette réaction illustre un sentiment plus large de défiance envers une institution accusée de pratiques contestées.
La prison attaquée et des détenus libérés
La colère ne s’est pas arrêtée aux bâtiments judiciaires. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la prison de Dilolo, qu’ils ont attaquée. Cette action a permis l’évasion de six détenus. Cet épisode souligne la fragilité des infrastructures pénitentiaires et la rapidité avec laquelle une situation peut dégénérer lorsque la confiance dans les institutions est rompue.
Une justice perçue comme arbitraire
Selon Simplice Mwamba, porte-parole de la société civile, ces violences traduisent une colère profonde contre une justice perçue comme arbitraire. Il a notamment pointé du doigt les amendes transactionnelles, une pratique qui alimente le sentiment d’injustice au sein de la population. Ces critiques mettent en lumière les défis auxquels fait face le système judiciaire local pour regagner la confiance des citoyens.
L’administrateur assistant de Dilolo, Socrate Tshikos, a confirmé les faits et annoncé l’ouverture d’une enquête des services de sécurité pour identifier les fauteurs de troubles. Les autorités locales appellent au retour au calme et à la restauration de la confiance dans la justice. Cet appel intervient dans un contexte où la population exprime un besoin urgent de réformes pour garantir une justice équitable et transparente.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
