La route Obongoni-Beach Badiamoni, dans le territoire de Wamba (Haut-Uele), vient d’être entièrement réhabilitée. Un chantier mené par la société PPC sarl, lancé le 1er mai dernier sous l’impulsion du gouverneur Jean Bakomito Gambu, et financé par le gouvernement provincial. Au-delà de l’annonce technique, c’est une question de justice territoriale qui se pose : que change concrètement une route pour des citoyens longtemps enclavés ?
Un désenclavement aux effets concrets
L’ingénieur Théophile Bondele, représentant de PPC sarl, a souligné la portée de cette réalisation. « La réhabilitation de cette route constitue une avancée majeure pour la mobilité et le désenclavement des zones rurales. Elle facilitera les échanges commerciaux et améliorera sensiblement la vie des habitants », a-t-il déclaré. Ces mots traduisent un enjeu bien réel : dans une province où les distances sont immenses, une route praticable réduit l’isolement, permet d’écouler les produits agricoles et d’accéder plus vite aux services de base. Pour les populations de Wamba, cela signifie un quotidien transformé, où les déplacements ne sont plus une épreuve mais une opportunité. Les commerçants peuvent désormais acheminer leurs marchandises sans craindre les pertes liées aux pistes impraticables, et les familles voient s’ouvrir des perspectives nouvelles pour leurs activités économiques.
Une dynamique provinciale qui s’accélère
Les travaux ne s’arrêtent pas là. Les équipes poursuivent désormais les interventions en direction du point kilométrique 8 d’Ibambi, avant une extension vers la voirie de Légu et de Boma-Mangbetu. Selon les autorités provinciales, plus de 2 000 kilomètres de routes ont déjà été réhabilités dans le Haut-Uele. Avec les chantiers en cours, ce réseau devrait prochainement atteindre 2 200 kilomètres. Un rythme qui place la province parmi les plus actives en matière de réhabilitation des infrastructures routières, et qui interroge : cette cadence peut-elle être tenue dans la durée, et avec quels moyens ? L’effort financier consenti par le gouvernement provincial témoigne d’une volonté politique forte, mais la question de l’entretien à long terme reste entière. Sans un suivi rigoureux, ces nouvelles routes pourraient se dégrader rapidement, réduisant à néant les bénéfices attendus. La modernisation des infrastructures ne se limite pas à l’inauguration de tronçons ; elle exige une planification continue et des ressources pérennes.
La voix des habitants, entre gratitude et attentes
Les habitants de Wamba ont salué l’aboutissement du projet. « Nous remercions le Chef de l’État et notre Gouverneur pour ces travaux. Cette route change notre quotidien et ouvre des perspectives nouvelles pour nos activités », ont-ils déclaré. Une reconnaissance qui s’adresse au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et au gouverneur Jean Bakomito Gambu. Mais derrière ces remerciements, se lit aussi une attente : que l’effort ne soit pas un coup d’éclat isolé, mais le début d’un maillage routier durable, capable de transformer structurellement l’économie locale. Les citoyens espèrent que cette dynamique se poursuivra pour relier d’autres zones encore enclavées, car une route n’est pas seulement un ruban de bitume ; c’est un lien social, un vecteur de développement et un symbole de la présence de l’État. La réhabilitation de la route Obongoni-Beach Badiamoni illustre ainsi une politique publique qui se concrétise. Reste à savoir si l’élan actuel résistera aux défis de l’entretien et de la continuité, pour que le désenclavement ne soit pas qu’un mot, mais un droit effectif pour les citoyens du Haut-Uele.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
