L’aéroport de Muanda a accueilli ce vendredi 10 juillet 2026 le premier vol régulier d’Air Congo en provenance de Kinshasa, une liaison qui promet de transformer la mobilité et l’économie de cette cité côtière du Kongo Central. Jusqu’ici, les voyageurs devaient emprunter la route pour un trajet long et éprouvant ; désormais, un pont aérien hebdomadaire réduit considérablement le temps de parcours et ouvre des perspectives pour le commerce et le tourisme. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de désenclaver une région au potentiel économique important, mais longtemps freinée par des infrastructures de transport limitées.
Un vol hebdomadaire pour commencer, trois par semaine à terme
Pour cette phase de lancement, la compagnie nationale programme un vol chaque vendredi. Mestin Weldegeorgis, Directeur général d’Air Congo, a annoncé que la fréquence augmentera progressivement jusqu’à trois rotations par semaine. Cette montée en puissance vise à répondre à la demande attendue des opérateurs économiques, des touristes et des familles qui relient régulièrement la capitale à la côte atlantique. En offrant une alternative fiable au transport routier, souvent soumis aux aléas des infrastructures et aux longues heures de voyage, la compagnie espère capter une clientèle diversifiée et stimuler les échanges entre les deux villes.
Un tarif de lancement fixé à 160 dollars
Le prix du billet a été établi à 160 dollars américains pour cette période inaugurale. Le Directeur général a souligné que ce tarif s’inscrit dans un marché concurrentiel, sans toutefois détailler les offres des autres transporteurs. Pour les usagers, ce coût représente une alternative à évaluer face aux dépenses et à la durée du voyage terrestre. Si le prix peut sembler élevé pour certains ménages, il doit être mis en balance avec le gain de temps et la sécurité qu’offre le transport aérien, notamment pour les professionnels et les commerçants dont l’activité dépend de déplacements rapides.
Un levier pour le désenclavement et l’investissement local
L’administratrice du territoire de Muanda, Amina Panda Kani Laka, a salué un événement historique, y voyant une réponse concrète aux difficultés de transport. Elle a invité les Congolais de la diaspora et les investisseurs à saisir les opportunités offertes par cette nouvelle desserte, estimant que la fiabilité du transport aérien peut rassurer les porteurs de projets. La liaison régulière devrait faciliter les déplacements des agents de l’État, des commerçants et des visiteurs, renforçant ainsi les échanges entre Kinshasa et cette zone côtière. En réduisant l’isolement de Muanda, cette desserte pourrait également encourager l’implantation de nouvelles activités économiques et améliorer l’accès aux services pour les populations locales.
Des effets concrets attendus sur l’économie locale
En réduisant le temps de trajet, Air Congo crée les conditions d’une intégration plus étroite de Muanda dans les circuits économiques nationaux. Les commerçants pourront acheminer plus rapidement des marchandises, tandis que le tourisme balnéaire pourrait bénéficier d’un afflux de visiteurs en quête de séjours courts. Si la montée en puissance annoncée se confirme, l’impact sur l’emploi local et les services périphériques – hôtellerie, restauration, transport terrestre de rabattement – pourrait devenir significatif. À plus long terme, cette liaison régulière pourrait contribuer à diversifier l’économie locale, aujourd’hui largement dépendante des activités portuaires et pétrolières, en favorisant l’émergence d’un secteur touristique structuré.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
