Une vingtaine de civils enlevés par les rebelles des ADF lors d’attaques contre des carrés miniers dans le territoire de Mambasa, en Ituri, ont été libérés à la faveur d’une offensive des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Les otages, abandonnés par leurs ravisseurs en pleine brousse, ont regagné plusieurs localités de la région, selon des sources locales.
Opération militaire à Tépé et abandon des captifs
Les opérations menées jeudi dernier par les forces loyalistes dans le groupement Bakaheku, en chefferie de Babila Babombi, ont permis de déloger les rebelles ADF du carré minier de Tépé. Selon Rams Malikidogo, coordonnateur territorial de l’APDEF/Mambasa, l’ennemi tentait d’y ériger une base après avoir tué plusieurs civils et incendié des maisons. Face à la pression militaire, les assaillants ont été contraints d’abandonner une vingtaine d’otages près de Bambu et du carré minier de Tushida. Cette offensive s’inscrit dans le cadre des opérations en cours contre les ADF dans le sud du territoire de Mambasa, où les rebelles multiplient les incursions contre les sites miniers et les villages.
Profil des rescapés et conditions de captivité
Parmi les personnes libérées figurent cinq femmes, des enfants mineurs ainsi que des membres de la communauté autochtone pygmée. Plusieurs rescapés ont déjà rejoint les localités de Lwemba et Teturi, tandis que d’autres se trouvent encore dans la région de Mungu Iko. L’APDEF rapporte que les anciens otages décrivent des conditions de captivité particulièrement éprouvantes, marquées par des déplacements forcés et une forte précarité. Ces témoignages confirment la vulnérabilité des civils dans les zones minières, régulièrement ciblées par les groupes armés. La présence d’enfants et de membres de la communauté pygmée parmi les victimes souligne l’impact disproportionné de ces violences sur les populations les plus fragiles.
Menace persistante sur le carré minier d’Elota
Après leur défaite, les combattants ADF ont fui en direction d’Elota, laissant planer des incertitudes sur le sort des civils vivant dans cette zone. Des sources locales signalent que les rebelles se dirigeraient désormais vers ce carré minier, faisant craindre de nouvelles attaques contre les populations. L’organisation appelle les forces loyalistes à poursuivre les rebelles sans relâche jusqu’à leur anéantissement total et recommande à la population de demeurer extrêmement vigilante, l’ADF se dirigeant vers plusieurs localités abritant des civils, notamment Elota, Maroc, Pumuzika et Pretoria. La dispersion des combattants après un revers militaire est une tactique connue des ADF, qui cherchent à se réorganiser dans des zones moins sécurisées. Cette situation accroît les risques pour les communautés locales, souvent prises au piège entre les opérations militaires et les représailles des groupes armés.
Cette évolution intervient alors que le sud du territoire de Mambasa demeure confronté à une menace persistante des ADF. Malgré les opérations militaires en cours, les acteurs locaux estiment que la vigilance de la population reste essentielle afin de prévenir de nouvelles incursions contre les villages et les sites miniers. La libération des otages constitue un succès tactique pour les FARDC, mais elle ne dissipe pas les inquiétudes quant à la capacité des rebelles à mener de nouvelles attaques. La coordination entre les forces de sécurité et les communautés locales apparaît comme un facteur déterminant pour limiter l’impact de ces violences récurrentes.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
