Des travailleurs de Kamoa Copper S.A. ont manifesté le vendredi 10 juillet à Kolwezi, dans la province du Lualaba, pour réclamer de meilleures conditions sociales et une accélération des négociations sur la convention collective. La mobilisation, qui a rassemblé des agents des sites miniers de Kakula, Kasonko et Kamoa One, a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, illustrant les tensions sociales persistantes dans le secteur minier congolais.
Des revendications chiffrées pour les travailleurs de fond
Au cœur de la contestation, les employés exigent une prime de fonds de 1 000 dollars américains pour chaque agent impliqué dans les opérations minières, ainsi qu’une prime de cantonnement de 50 dollars par jour pour ceux résidant dans les camps de l’entreprise. Ces demandes, jugées urgentes par les manifestants, visent à compenser les conditions de travail difficiles et l’éloignement familial. « Les deux points pour action immédiate sont la prime des fonds de 1 000 dollars à chaque agent lié aux opérations de la mine et la prime de cantonnement de 50 dollars par jour pour chaque agent résident au camp pendant sa prestation. Nous demandons au management de bien vouloir considérer nos deux réclamations dès la paie de ce mois de juillet », ont déclaré leurs représentants. Ces montants, s’ils étaient accordés, représenteraient un surcoût significatif pour l’entreprise, mais aussi un levier de pouvoir d’achat pour les ménages des travailleurs.
Un drame humain comme déclencheur
La mobilisation trouve son origine dans le décès d’un collègue sur le site de Kakula, un événement qui a ravivé les inquiétudes sur la sécurité et les garanties sociales. Pour les travailleurs, cet incident souligne l’urgence de renforcer les protections professionnelles. Au-delà des primes, ils réclament une conclusion rapide des discussions sur la convention collective, un cadre essentiel pour formaliser leurs droits. Ce drame met en lumière une réalité souvent occultée : derrière les chiffres de production, la vie des mineurs reste exposée à des risques quotidiens, et l’absence d’accord collectif aggrave leur précarité.
Affrontements et silence de l’employeur
La manifestation a pris une tournure conflictuelle lorsque la police, déployée sur les installations, a utilisé un canon à eau pour disperser la foule. En réaction, certains protestataires ont lancé des projectiles. Aucun bilan officiel des blessés ou dégâts matériels n’était disponible. Contactés, les responsables de Kamoa Copper n’avaient pas réagi au moment de la publication. Ce silence laisse planer l’incertitude sur la suite des négociations et sur la capacité de l’entreprise à apaiser les tensions sans compromettre sa productivité.
Dans une région où l’exploitation minière est le principal moteur économique, ces revendications rappellent que la stabilité sociale est un facteur clé de la pérennité des investissements. Pour les ménages des travailleurs, l’issue de ce bras de fer déterminera en partie leur niveau de vie dans les mois à venir.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
