Le Tribunal militaire de garnison de Beni a condamné à mort trois militaires des FARDC et à vingt ans de prison deux civils, ce vendredi 10 juillet, au terme d’un procès en flagrance tenu au rond-point Nyamwisi. Les prévenus étaient poursuivis pour leur appartenance présumée à un réseau de faux responsables des Wazalendo, un groupe d’autodéfense allié aux forces armées congolaises.
Peine capitale pour désertion et violation de consigne
Les trois militaires ont été reconnus coupables de désertion simple et de violation de consigne en période d’état de siège. Le tribunal a prononcé la peine de mort à leur encontre, une sanction prévue par le code pénal militaire en vigueur dans les provinces sous régime d’exception. Les deux civils, présentés comme les principaux animateurs du réseau, ont écopé de vingt ans de servitude pénale principale pour faux bruits et incitation de militaires à commettre des infractions.
Un réseau structuré autour de l’association CONAP
Selon les éléments examinés à l’audience, les condamnés étaient membres d’une association dénommée CONAP, installée à Beni après leur arrivée de Kinshasa il y a quelques mois. Le réseau recrutait des civils et des militaires des FARDC en échange d’argent. Les frais d’adhésion étaient fixés à environ vingt dollars américains, tandis que des propositions de grades d’officiers étaient monnayées entre trois cents et cinq cents dollars.
Usurpation d’identité et incohérences administratives
Le principal condamné, Kasereka Paluku Timothée Bonheur, était poursuivi pour usurpation de la qualité de chef d’état-major général et de coordonnateur des Wazalendo en RDC. Le tribunal a relevé des incohérences liées à son identité, notamment la détention de plusieurs cartes d’identité comportant des informations différentes. Son assistant, Kasereka Dalson, a également été condamné à vingt ans de prison.
Tentative de mobilisation de fonds publics
Au cours du procès, il a été révélé que le réseau aurait tenté de mobiliser des fonds auprès de certains services publics, notamment la Direction générale des douanes et accises (DGDA), au nom des Wazalendo engagés sur les lignes de front. Les prévenus auraient bénéficié de l’appui présumé de Joseph Zagabe, présenté comme président de l’association CONAP.
Réagissant au verdict, Ricky Paluku, vice-président des synergies des VDP/Wazalendo, et Guy Ngabo, porte-parole de cette structure, ont salué le travail des services de sécurité et de la justice militaire. Ils estiment que cette décision permettra de lutter contre les personnes qui usurpent l’identité des Wazalendo et portent atteinte à l’image des combattants engagés aux côtés des FARDC.
L’affaire avait été déclenchée à la suite d’une alerte de la RAD, antenne de Beni, qui avait permis l’interpellation des cinq suspects. Plusieurs autres personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce réseau restent recherchées. Les autorités poursuivent les investigations pour retrouver les autres membres présumés.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
