Quatre vaccins expérimentaux contre la souche Bundibugyo du virus Ebola sont en cours d’essais cliniques et pourraient être disponibles dans environ trois mois, a annoncé jeudi à Bunia le Dr Chikwe Ihekweazu, Directeur exécutif du Programme de gestion des urgences sanitaires de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cette annonce intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à une épidémie qui a déjà touché 1 759 personnes, principalement en Ituri, et causé 600 décès. Si ces vaccins représentent un espoir, les autorités sanitaires rappellent que la riposte repose encore sur des mesures éprouvées.
Des essais cliniques en bonne voie
Selon le Dr Ihekweazu, les recherches avancent à un rythme encourageant grâce à la mobilisation des partenaires scientifiques internationaux. « Les essais cliniques des quatre vaccins se poursuivent de manière satisfaisante. Si les résultats restent conformes aux attentes, nous pourrions disposer de ces vaccins dans environ trois mois », a-t-il déclaré. Ces vaccins ciblent spécifiquement la souche Bundibugyo, l’une des espèces du virus Ebola, distincte de la souche Zaïre qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest en 2014-2016. La mise au point de vaccins adaptés à différentes souches est cruciale pour répondre aux flambées épidémiques dans des zones où plusieurs variants circulent.
L’Ituri, épicentre de l’épidémie
La province de l’Ituri reste le principal foyer de cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC. Depuis son début, le pays a enregistré 1 759 cas confirmés, 600 décès et près de 750 guérisons. Ces chiffres illustrent la persistance de la transmission malgré les efforts de riposte. La détection précoce des cas et le suivi des contacts demeurent des piliers pour contenir la propagation. L’OMS insiste sur le maintien de ces mesures classiques, même si l’arrivée prochaine de vaccins suscite un optimisme prudent.
La prévention reste l’outil immédiat
En attendant la disponibilité des vaccins, la lutte contre Ebola continue de s’appuyer sur des gestes concrets. Le Dr Ihekweazu a souligné l’importance des enterrements dignes et sécurisés, qui limitent le risque de contamination lors des rites funéraires. « Les vaccins représentent un immense espoir, mais la riposte continue aujourd’hui avec les outils dont nous disposons déjà. La vigilance des communautés demeure essentielle », a-t-il ajouté. Pour les populations de l’Ituri et des zones touchées, cela signifie signaler rapidement tout symptôme suspect, respecter les consignes d’hygiène et collaborer avec les équipes de santé.
Un calendrier sous conditions
L’échéance de trois mois avancée par l’OMS dépend toutefois des résultats des essais cliniques en cours. Si les données confirment l’efficacité et la sécurité des vaccins, les autorités sanitaires pourront alors envisager leur déploiement. D’ici là, la riposte reste inchangée : surveillance épidémiologique, prise en charge des malades et prévention communautaire. L’expérience des épidémies précédentes en RDC a montré que la combinaison de ces mesures peut venir à bout du virus, même en l’absence de vaccin. L’arrivée de nouveaux outils préventifs renforcerait néanmoins la capacité du pays à protéger sa population face à cette maladie souvent mortelle.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
