Un programme de modernisation de la formation judiciaire a été officiellement lancé en République démocratique du Congo, avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD) et d’Expertise France. L’initiative, centrée sur le renforcement de l’Institut national de formation judiciaire (INAFORJ), vise à améliorer les compétences des magistrats et des autres professionnels de la chaîne pénale.
Une feuille de route triennale a été adoptée à l’issue d’une séance de travail entre le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, et une délégation conduite par Hervé Conan, directeur de l’AFD en RDC, ainsi qu’Aude Delescluse, directrice pays d’Expertise France. Ce cadre programmatique doit permettre d’accélérer la mise en œuvre de la réforme, en structurant les interventions sur les trois prochaines années.
Un ciblage élargi des bénéficiaires
Le programme ne se limite pas aux seuls magistrats. Il prévoit également le renforcement des capacités des greffiers, des personnels pénitentiaires et des autres acteurs intervenant dans le fonctionnement de la justice. L’objectif est d’améliorer la qualité des services judiciaires et de soutenir la modernisation du secteur, selon les termes de l’accord. Cette approche inclusive répond à la nécessité de renforcer l’ensemble de la chaîne judiciaire, depuis l’instruction des dossiers jusqu’à l’exécution des décisions, en passant par la gestion des établissements pénitentiaires.
Des formations ancrées dans les réalités congolaises
Les partenaires ont convenu d’élaborer les contenus pédagogiques à partir des besoins identifiés par le ministère de la Justice. L’approche retenue privilégie une adaptation aux réalités congolaises, plutôt que la transposition de modèles étrangers. Cette orientation répond à la volonté de construire un dispositif de formation pertinent et durable, qui tienne compte des spécificités du système judiciaire congolais et des défis quotidiens rencontrés par les professionnels sur le terrain. Elle implique une phase préalable d’analyse des lacunes et des priorités, afin de calibrer les modules de formation en conséquence.
Une mobilisation d’expertises multiples
Selon les responsables de l’AFD et d’Expertise France, le programme mobilisera des expertises congolaises, françaises et internationales. L’enjeu est de développer des modules de formation qui répondent aux défis actuels de la justice congolaise, en combinant les savoir-faire locaux et les bonnes pratiques internationales. Cette coopération technique doit permettre de renforcer les compétences des formateurs de l’INAFORJ et d’enrichir les curricula par des études de cas et des mises en situation adaptées. Les premières activités sont attendues dans les prochaines semaines, avec la mise en place progressive du plan d’action arrêté par les différentes parties. Ce calendrier rapproché témoigne de la volonté des partenaires d’engager rapidement la réforme, tout en respectant les étapes de conception et de validation des outils pédagogiques.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
