AccueilActualitéSecuritéNord-Kivu : quatre civils exécutés par l’AFC/M23 à Ihula

Nord-Kivu : quatre civils exécutés par l’AFC/M23 à Ihula

Quatre civils ont été exécutés le dimanche 5 juillet 2026 à Ihula, dans le groupement Kisimba, territoire de Walikale au Nord-Kivu. Les auteurs présumés sont des éléments de l’AFC/M23, qui les accusaient de collaborer avec les groupes d’autodéfense dits wazalendo. L’information, confirmée par des sources coutumières locales, illustre la pression constante exercée sur les habitants dans cette zone sous contrôle rebelle.

Exécutions et inhumations le jour même à Ihula

Selon les sources coutumières du groupement Kisimba, les quatre jeunes ont été tués avant d’être inhumés le jour même à Ihula. Les circonstances précises de leur arrestation et de leur mise à mort n’ont pas été détaillées, mais les accusations portées contre eux renvoient à un schéma récurrent dans la région. Les rebelles de l’AFC/M23 multiplient en effet les soupçons de collaboration avec les wazalendo ou les FARDC, visant régulièrement des civils. Cette pratique, qui consiste à exécuter sommairement des personnes sur la base de simples accusations, contribue à installer un climat de terreur parmi les habitants.

Un climat de peur alimenté par les disparitions

Les mêmes sources indiquent que ces accusations créent un climat de peur au sein de la population. Plusieurs habitants arrêtés ces derniers mois sur la base de tels soupçons demeurent introuvables, leurs proches étant toujours sans nouvelles de leur sort. Cette situation alimente une insécurité permanente, marquée par la crainte constante de représailles. Les habitants de cette partie du territoire de Walikale, contrôlée par l’AFC/M23, disent vivre sous la menace d’arrestations et d’exécutions présumées. L’absence d’information sur le sort des personnes disparues renforce le sentiment d’abandon et d’impuissance des familles, qui n’osent souvent pas réclamer des comptes par peur de subir le même sort.

Absence de réaction des rebelles et opacité persistante

À ce stade, aucune réaction des rebelles de l’AFC/M23 n’a été rapportée. Le silence des autorités rebelles sur ces événements renforce l’opacité qui entoure le sort des civils dans les zones sous leur contrôle. La documentation de tels faits reste difficile, en raison de l’accès limité à l’information et de la peur des témoins. Cette absence de communication officielle laisse craindre que de tels actes puissent se reproduire sans que les responsables aient à en répondre. Dans ce contexte, la population locale se retrouve prise au piège entre les accusations des groupes armés et l’impossibilité de faire valoir ses droits.

Ces exécutions à Ihula s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions dans l’est de la RDC, où les groupes armés continuent d’imposer leur loi. La population civile, prise entre les accusations des uns et les représailles des autres, demeure la première victime de ce cycle de violence. La situation dans le territoire de Walikale illustre les défis persistants en matière de protection des civils dans les zones de conflit, où l’absence d’autorité étatique laisse le champ libre aux exactions.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: Actualite.cd

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