Les médecins des services publics du Haut-Katanga ont entamé, depuis le vendredi 3 juillet 2026, un mouvement de grève sous la forme d’une « polarisation des urgences ». Cette décision, annoncée par le Bureau exécutif provincial du Syndicat des médecins de la République démocratique du Congo (SYMECO), limite les prestations aux seuls cas d’urgence, tout en suspendant les activités de routine dans les structures sanitaires publiques.
Ce que signifie concrètement la polarisation des urgences
Le mode d’action choisi par le SYMECO consiste à maintenir uniquement les soins vitaux et les services indispensables. Ainsi, les banques de sang restent pleinement opérationnelles pour garantir la disponibilité des produits sanguins. En revanche, les consultations externes, les interventions chirurgicales programmées et les réunions matinales des services sont suspendues. Les patients déjà hospitalisés continueront d’être pris en charge par les équipes dirigeantes, notamment les médecins directeurs, les chefs de départements et les chefs des staffs. Les médecins affectés aux programmes spécifiques sont également appelés à cesser leurs activités, conformément aux instructions du Bureau exécutif national.
Des revendications portées depuis plusieurs mois
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de vives revendications des médecins des services publics à travers la RDC. Le SYMECO réclame l’amélioration des conditions de travail, le paiement régulier des salaires et des primes de risque, la mécanisation des médecins non encore pris en charge par le Trésor public, la régularisation des nouvelles unités, ainsi que l’application des engagements pris par le Gouvernement lors de précédents accords. Les médecins dénoncent également la lenteur dans la mise en œuvre de plusieurs engagements relatifs à leur statut socioprofessionnel, estimant que cette situation affecte leurs conditions de vie et la qualité des soins offerts à la population.
Quel impact pour les patients et les structures de santé ?
Pour les usagers, la polarisation des urgences signifie que seules les situations mettant en danger la vie seront prises en charge immédiatement. Les consultations pour des problèmes de santé non urgents, les opérations planifiées et les suivis de routine sont reportés. Cette organisation vise à maintenir une pression sur les autorités tout en évitant une rupture totale des soins. Les responsables des structures sanitaires sont chargés d’assurer la continuité des soins essentiels pour les patients déjà hospitalisés, ce qui pourrait limiter les risques immédiats pour les malades les plus fragiles.
Une décision qui applique les consignes nationales
Le Bureau exécutif provincial du SYMECO affirme mettre en application les résolutions arrêtées au niveau national. Dans son communiqué signé par le secrétaire exécutif provincial, Dr Kyungu Numbi, le syndicat informe les autorités provinciales et les responsables des structures sanitaires des nouvelles modalités d’organisation des soins. Cette grève, qui touche l’ensemble des services publics de l’État dans la province, pourrait se prolonger tant que les revendications ne seront pas satisfaites, laissant les patients dans l’incertitude quant à la reprise normale des activités médicales.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
