La Nouvelle société civile congolaise (NSCC) du territoire de Lubero, au Nord-Kivu, lie désormais deux urgences qui touchent directement les habitants : la protection des civils et la prévention contre Ebola. À l’issue d’un atelier tenu du 23 au 24 juin à Lubero-centre, ses animateurs ont dressé mercredi 24 juin un bilan négatif de la situation socio-sécuritaire, tout en rappelant les gestes simples qui doivent aider les communautés à réduire les risques sanitaires.
Cette rencontre de deux jours avait pour objectif de renforcer les capacités des acteurs locaux en matière de droits humains et de prévention contre la maladie à virus Ebola. Mais les échanges ont aussi mis en évidence une dégradation continue des conditions de vie et de sécurité dans plusieurs localités du territoire. Pour les participants, l’insécurité à Lubero rend plus difficile l’accès aux services de base, notamment la santé et l’éducation, dans un territoire déjà fragilisé.
Lubero face à une double pression
Selon le constat présenté par la NSCC Lubero, les populations vivent dans un environnement devenu instable. Les participants ont évoqué des incursions répétées de groupes armés, des violences ciblées contre les civils et une instabilité persistante. Ces faits, rapportés par les acteurs locaux, contribuent à rendre la zone hautement volatile.
Les violations des droits humains dénoncées pendant l’atelier concernent notamment des meurtres, des enlèvements, des pillages et des déplacements forcés. Ces exactions ont un effet immédiat sur la sécurité des habitants. Elles pèsent aussi sur les activités sociales et économiques locales, sans que les communautés disposent toujours des conditions nécessaires pour accéder normalement aux services essentiels.
Prévenir Ebola dans un contexte difficile
La dimension sanitaire de l’atelier a porté sur la prévention Ebola Nord-Kivu. Des professionnels de la santé ont sensibilisé les participants aux mesures à appliquer et à relayer auprès des habitants. Dans une maladie hautement contagieuse comme Ebola, la prévention repose d’abord sur des gestes simples, répétés et compris par tous.
Les mesures rappelées sont pratiques : se laver régulièrement les mains, éviter tout contact avec les corps des personnes décédées et signaler rapidement tout cas suspect aux autorités sanitaires. Pour les leaders communautaires, l’enjeu est de transmettre ces messages dans un langage clair, afin que les familles sachent quoi faire sans attendre lorsqu’un risque est identifié.
La NSCC et les intervenants sanitaires soulignent toutefois que l’insécurité complique cette prévention. Les difficultés d’accès à certaines zones et la méfiance des populations peuvent ralentir la diffusion des messages. Dans ce contexte, les relais communautaires deviennent importants, car ils connaissent les réalités locales et peuvent aider à expliquer les consignes de manière plus proche des habitants.
Documenter les abus pour mieux alerter
L’atelier a aussi servi à outiller les acteurs de la société civile sur la surveillance, la documentation et la protection des droits humains. L’objectif présenté est de permettre aux participants de mieux observer les faits, de les consigner avec rigueur et d’alerter l’opinion nationale et internationale en cas de violations.
Pour la NSCC Lubero, ce travail de documentation est essentiel dans une période où les habitants disent faire face à une vulnérabilité accrue. L’organisation veut renforcer son plaidoyer pour une meilleure protection des civils, en s’appuyant sur les informations collectées par ses membres dans les communautés.
Coordonner la réponse sécuritaire
Au terme des travaux, la NSCC a lancé un plaidoyer en faveur d’une action urgente des autorités et des partenaires sécuritaires. Elle appelle à l’intensification des opérations militaires afin de mettre fin aux violences qui touchent régulièrement la région.
L’organisation demande aussi une meilleure coordination entre les Forces armées de la République démocratique du Congo, l’armée ougandaise et la Mission des Nations unies. Pour la société civile, une collaboration plus efficace entre FARDC MONUSCO UPDF est présentée comme une condition importante pour rétablir la sécurité et garantir la protection des civils à Lubero Nord-Kivu.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
