Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé, dans un communiqué publié le vendredi 12 juin 2026, avoir repris le contrôle de la localité de Mikenge, dans les Hauts Plateaux de Fizi-Uvira (Sud-Kivu). Cette reconquête, intervenue le mercredi 10 juin 2026, a été menée à l’issue de violents combats contre la coalition RDF/AFC-M23 et ses alliés Twirwaneho et Red Tabara.
Un repli marqué par des destructions et des pillages
Selon le communiqué signé par le porte-parole ad intérim des FARDC, les forces dites « ennemies » ont, au cours de leur repli, détruit plusieurs infrastructures publiques et privées. L’armée congolaise dénonce également un pillage systématique des biens des populations civiles et l’emport de nombreuses têtes de bétail. Les FARDC estiment que ces actes constituent une violation flagrante du droit international humanitaire. « Ces actes criminels témoignent une fois de plus du mépris des forces d’agression et de leurs supplétifs pour les populations civiles qu’elles prétendent défendre », précise le communiqué.
Appel à la documentation des violations et à la prise en charge des victimes
Face à la gravité des faits, les FARDC demandent aux mécanismes nationaux, régionaux et internationaux compétents, ainsi qu’aux organisations humanitaires et aux mécanismes de protection des droits humains, de se rendre dans les zones affectées. L’objectif est de documenter ces violations graves, d’évaluer l’étendue des dommages causés aux populations civiles et de contribuer à la prise en charge des victimes. « Les auteurs de ces actes devront répondre de leurs crimes devant les juridictions compétentes », lancent les FARDC.
Un message de solidarité et un appel à la cohésion sociale
Aux populations des Hauts Plateaux du Sud-Kivu, l’armée adresse un message de solidarité, de confiance et d’espoir. Elle salue leur résilience face aux épreuves imposées par plusieurs années d’insécurité et réaffirme son engagement à assurer leur protection ainsi qu’à restaurer durablement la paix. Les FARDC constatent cependant avec préoccupation que certains compatriotes continuent d’être instrumentalisés par les forces d’agression et leurs supplétifs, au détriment des intérêts de leurs propres communautés. Elles appellent les autorités coutumières, les responsables religieux, les notables, les femmes, les jeunes et l’ensemble des forces vives à poursuivre leurs efforts de sensibilisation en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du rejet de toute forme de collaboration avec les groupes armés.
Un contexte de violations du cessez-le-feu et d’impasse diplomatique
Cette reprise de Mikenge intervient dans un climat de tensions persistantes dans l’Est de la RDC. Les FARDC et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu convenu à Doha sous la médiation du Qatar. Ces accusations croisées contribuent à une escalade continue des violences et aggravent la crise humanitaire, entraînant de nouveaux déplacements de populations civiles. Les appels à la désescalade se multiplient aux niveaux régional et international, exhortant toutes les parties à protéger les civils et à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire. Toutefois, ces démarches peinent encore à produire des résultats tangibles sur le terrain. Les FARDC réaffirment que la préservation de l’unité nationale, de la cohésion sociale et de la coexistence pacifique entre les communautés constitue une responsabilité collective, et qu’elles poursuivront sans relâche leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de protection des populations civiles.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
