La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a officiellement lancé le Réseau des femmes parlementaires de la République démocratique du Congo (REFEPA) ce samedi au Palais du Peuple à Kinshasa, marquant une étape vers une participation économique et politique accrue des femmes. Ce réseau, qui rassemble une soixantaine de députées nationales au-delà des clivages politiques, vise à renforcer le leadership féminin et à promouvoir l’autonomisation économique, un levier identifié comme essentiel pour le développement durable du pays.
Un réseau pour peser sur les réformes économiques
La création du REFEPA répond à un besoin structurel : intégrer les femmes dans les processus de décision économique. La Première Ministre a insisté sur la nécessité de créer un environnement favorable à l’entrepreneuriat féminin, à l’accès au financement et aux opportunités économiques. « Le développement durable de la République démocratique du Congo ne se fera pas sans les femmes. Il se fera avec elles, par elles et grâce à elles », a-t-elle déclaré, soulignant que l’investissement dans les femmes est un investissement dans la paix, la croissance et la stabilité. Concrètement, le REFEPA pourrait influencer des réformes législatives pour faciliter l’accès des femmes au crédit, à la propriété foncière ou aux marchés publics, des domaines où les inégalités persistent.
Un levier pour la résilience économique dans l’Est
Judith Suminwa a rappelé le rôle crucial des femmes dans les zones de conflit de l’Est, où elles soutiennent familles et communautés malgré les épreuves. Leur contribution à l’économie locale, souvent informelle, reste peu reconnue et peu soutenue. Le REFEPA pourrait porter des initiatives pour structurer ces activités, par exemple en plaidant pour des programmes de microcrédit ou de formation professionnelle ciblant les femmes déplacées ou cheffes de ménage. L’enjeu est de transformer cette résilience en moteur de développement économique local, réduisant ainsi la dépendance à l’aide humanitaire.
Un cadre de solidarité pour amplifier l’impact
La présidente du REFEPA, Antoinette Nsamba, a présenté le réseau comme un instrument de renforcement des capacités et de réseautage pour les élues. Au-delà de la solidarité, il s’agit de créer une force de proposition capable d’influencer les politiques publiques. Le Président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a salué cette initiative comme un outil de concertation pour renforcer la contribution des femmes à la gouvernance démocratique et au développement national. Pour les ménages, une meilleure représentation féminine pourrait se traduire par des budgets plus sensibles au genre, orientés vers la santé, l’éducation ou l’accès à l’eau, avec des effets directs sur la productivité et le bien-être.
Un hommage à la masculinité positive comme catalyseur
La Première Ministre a rendu hommage au Président Félix Tshisekedi, champion de la masculinité positive, pour son engagement en faveur de l’égalité des chances. Cette reconnaissance institutionnelle pourrait encourager d’autres leaders à soutenir des politiques inclusives. L’autonomisation économique des femmes n’est pas seulement une question de justice sociale : elle est corrélée à une croissance plus forte et plus résiliente. En RDC, où les femmes représentent une part importante de la main-d’œuvre agricole et du petit commerce, libérer leur potentiel pourrait augmenter la productivité nationale et réduire la pauvreté des ménages.
Article Ecrit par Amissi G
Source: primature.gouv.cd
