Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) recommande une réorientation des politiques publiques de lutte contre la pauvreté en République démocratique du Congo (RDC). Dans une note d’analyse intitulée « Géographie de la pauvreté en RDC, une piste pour une meilleure politique publique », l’agence onusienne met en évidence d’importantes disparités territoriales et plaide pour une concentration prioritaire des investissements dans les provinces les plus touchées. L’objectif : maximiser l’impact des ressources allouées à la réduction de la pauvreté.
Cette approche ciblée est justifiée par l’ampleur du phénomène. Selon les résultats de l’Enquête sur les conditions de vie des ménages menée en 2024, l’incidence de la pauvreté s’élève à 67,9 %, ce qui signifie que près de sept Congolais sur dix vivent sous le seuil national de pauvreté. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant est estimé à environ 1 602 USD en parité de pouvoir d’achat, un chiffre qui masque de fortes inégalités entre les provinces.
Quatre provinces en situation d’urgence
L’analyse du PNUD identifie quatre provinces qui nécessitent une intervention publique urgente : le Kwilu, le Haut-Uele, le Tanganyika et le Kasaï-Central. Ces entités se caractérisent par une forte intensité de la pauvreté et représentent une part importante du nombre total de personnes démunies recensées sur l’ensemble du territoire national. Concrètement, cela signifie que dans ces régions, non seulement une grande partie de la population est pauvre, mais que la profondeur de cette pauvreté est plus marquée qu’ailleurs.
Pour les ménages de ces provinces, les difficultés d’accès aux services de base, à l’emploi et aux revenus sont aggravées par un déficit d’infrastructures et d’investissements. Le PNUD suggère donc que les ressources publiques y soient dirigées en priorité afin de réduire les écarts et d’améliorer les conditions de vie de manière tangible.
Le poids stratégique des provinces de rupture
Par ailleurs, le document souligne l’importance stratégique de Kinshasa, du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Haut-Katanga. En raison de leur poids démographique et économique majeur, ces provinces requièrent une attention particulière dans la planification des budgets étatiques. Le PNUD les qualifie de « provinces de rupture » car leur situation influence fortement les indicateurs nationaux de pauvreté.
Une intervention dans ces zones aurait un effet d’entraînement sur l’ensemble du pays. Par exemple, Kinshasa, en tant que capitale et principal centre économique, concentre une part importante de la population et des activités. Améliorer les conditions de vie dans ces provinces pourrait donc avoir un impact significatif sur la réduction globale de la pauvreté.
Un ciblage territorial pour plus d’efficacité
En conclusion, le PNUD invite le gouvernement congolais ainsi que ses partenaires techniques et financiers à cibler géographiquement leurs interventions. Selon l’agence, ce ciblage territorial est indispensable pour accroître l’efficacité des fonds alloués et progresser vers l’objectif de développement durable visant à éradiquer la pauvreté d’ici 2030.
Cette recommandation implique une révision des mécanismes d’allocation budgétaire et une meilleure coordination entre les différents acteurs du développement. Pour les populations des provinces les plus défavorisées, cela pourrait se traduire par un accès amélioré aux services sociaux de base, à l’éducation et à la santé, ainsi que par des opportunités économiques renforcées. La mise en œuvre de cette approche différenciée reste toutefois un défi, dans un contexte où les ressources sont limitées et les besoins immenses.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
