Les contours du Fonds de réparation pour les victimes des activités armées de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) se dessinent avec plus de netteté après les déclarations de Mgr François Mwarabu. Lors d’un Space live animé ce samedi par Stanis Bujakera Tshiamala, l’ex-coordonnateur a détaillé les chiffres de son mandat, offrant un éclairage cru sur la gestion du fonds.
14.828 victimes enregistrées, 101 indemnisées
Mgr Mwarabu a révélé que 14.828 victimes étaient enregistrées dans les bases de données du FRIVAO sous sa direction. Parmi elles, 3.163 ont été adoptées provisoirement par le Conseil d’administration et autorisées à être indemnisées. Cependant, seules 101 ont effectivement reçu un paiement avant sa suspension, exclusivement par voie bancaire, a-t-il insisté, pour garantir la traçabilité des transactions. C’est sur cette centaine de cas que l’ex-coordonnateur dit engager sa responsabilité.
Une défense catégorique face aux accusations
Confronté aux soupçons de détournement qui entourent le FRIVAO, Mgr Mwarabu a opposé une défense ferme. « Il n’a jamais été établi de détournement pendant notre gestion », a-t-il déclaré, soulignant que des organes de contrôle avaient audité le fonds sans relever d’irrégularités. « Sinon, nous aussi nous serions inquiétés par la justice », a-t-il ajouté, renvoyant les dérives à la période postérieure à sa suspension. Il a néanmoins reconnu que « des personnes, des entités privées comme publiques, ont eu à accéder à ces fonds sans qualité », confirmant l’existence de détournements, tout en les situant après son départ.
Un bond de 101 à 16.000 victimes en moins de deux ans
Le tableau d’ensemble reste préoccupant. Plusieurs millions de dollars ont été reçus de l’Ouganda, mais seuls 28 millions ont atteint des bénéficiaires, les millions restants demeurant sans explication publique. Le nombre de victimes déclarées a explosé, passant de 101 à 16.000 en moins de deux ans. Le Ministre de la Justice attribue en partie cette augmentation à des « fausses victimes ». Un cabinet d’audit indépendant, annoncé comme devant se déployer sur le terrain « incessamment », devra déterminer qui, parmi ces milliers de dossiers, répond aux critères stricts fixés par l’arrêt de la CIJ pour la période 1998-2003.
Un audit indépendant pour clarifier les responsabilités
L’intervention de ce cabinet d’audit est désormais attendue comme une étape cruciale pour démêler les responsabilités et rétablir la confiance dans le processus d’indemnisation. Les déclarations de Mgr Mwarabu, en délimitant strictement la portée de son mandat, posent les bases d’un débat qui devra s’appuyer sur des vérifications rigoureuses. La justice, saisie de ce dossier aux multiples ramifications, devra s’appuyer sur ces constats documentés pour établir les faits et, le cas échéant, situer les manquements.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
