Le gouvernement rwandais a réagi officiellement, ce vendredi 5 juin 2026, aux déclarations du secrétaire d’État américain Marco Rubio devant la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants. Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Kigali prend acte des remarques formulées dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Washington, tout en appelant à une application équilibrée des engagements.
Un accueil mesuré des propos de Marco Rubio
Le ministère dirigé par Olivier Nduhungirehe salue la reconnaissance par Washington des efforts consentis par le Rwanda pour honorer ses obligations. Cette position intervient après que Marco Rubio a estimé, lors de son audition du 4 juin, que le Rwanda commençait à respecter l’Accord de Washington, évoquant des sanctions subies et une attente de retrait des troupes rwandaises du Congo d’ici juillet prochain. Kigali se félicite de cette appréciation, mais insiste sur la nécessité d’une responsabilité partagée.
Le principe de réciprocité au cœur de la position rwandaise
Le communiqué souligne que les obligations découlant de l’Accord de Washington lient le Rwanda et la République démocratique du Congo. « Ces accords ne peuvent être appliqués de manière sélective, et les obligations de chaque partie sont indissociables. La partialité ne saurait résoudre les problèmes », précise le texte. Kigali affirme mettre en œuvre ses propres engagements, mais accuse Kinshasa de violations flagrantes, notamment le soutien continu aux FDLR, une milice qualifiée de génocidaire et active depuis près de trois décennies sur le territoire congolais. Les autorités rwandaises dénoncent également l’utilisation de drones armés dans des zones civiles.
Un cadre diplomatique sous tension
En dépit de l’Accord de Washington et des réunions d’évaluation successives, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se détériorer. L’érosion de la confiance entre les parties et le manque de volonté politique de certains acteurs régionaux freinent la mise en œuvre effective des engagements. Les médiateurs, notamment les États-Unis et le Qatar, sont appelés à poursuivre leurs efforts face à une crise marquée par la présence de la rébellion de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être soutenue par le Rwanda. Chaque partie interprète les dispositions de l’accord selon sa propre lecture, rendant sa mise en œuvre hypothétique.
Le processus de Doha dans l’impasse
Parallèlement, le processus de Doha, sous l’égide du Qatar, peine à produire des résultats. Malgré plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 ne parviennent pas à accorder leurs positions sur les principaux points de divergence. L’étape de Montreux, en Suisse, n’a pas insufflé la dynamique escomptée, les engagements n’ayant pas été pleinement respectés. La détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a également contribué à reléguer ce dossier au second plan, ralentissant les efforts de médiation. Le Rwanda réaffirme néanmoins son attachement à une collaboration constructive avec les États-Unis et les partenaires régionaux pour promouvoir la paix dans la région des Grands Lacs.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
