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Libération de Constant Mutamba : le NOGEC annonce une marche le 6 juin

La tension monte dans les rangs de l’opposition congolaise. Réuni en session extraordinaire ce vendredi 29 mai à Kinshasa, le bureau politique de la Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC) a adopté une posture de défiance. Au cœur de sa déclaration : l’appel à une marche populaire le 6 juin dans la capitale et d’autres villes du pays, pour exiger la libération de son guide idéologique, Constant Mutamba. Une démonstration de force qui intervient dans un climat politique déjà alourdi par les controverses autour du référendum et les fragilités sécuritaires dans l’Est.

Pour le NOGEC, la détention de Constant Mutamba n’est pas un simple épisode judiciaire, mais relève d’un « règlement de comptes politiques ». Le parti dénonce une condamnation « politiquement motivée » et inscrit la libération de son leader comme une priorité absolue. Mutamba, présenté comme un farouche défenseur de la souveraineté nationale, devient ainsi l’incarnation d’une opposition persécutée. Ce discours victimaire, bien rodé, cherche à mobiliser au-delà du cercle des militants, en touchant une opinion publique sensible aux accusations d’instrumentalisation de la justice.

Mais que vise réellement cette montée au créneau ? Le timing est révélateur. Alors que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle refait surface, le NOGEC lie explicitement sa participation à la libération préalable de son leader. « Tant que Constant Mutamba n’est pas libre, nous ne participerons à aucun débat sur le référendum », a martelé le président national ai, Kapenga Kabundi Van. Ce chantage politique traduit une stratégie de rupture : refuser le jeu institutionnel tant que l’un des leurs reste derrière les barreaux, quitte à fragiliser toute tentative de dialogue national.

Le parti a aussi profité de cette tribune pour désamorcer les rumeurs de proximité avec l’AFC/M23. Dans un communiqué sans ambiguïté, il affirme n’être « affilié à aucune plateforme politique, encore moins à l’AFC/M23 ». Une mise au point nécessaire alors que des voix accusent certains opposants de flirter avec les rebelles. Le NOGEC revendique un combat « pacifique, républicain et non armé », tout en accusant ses détracteurs de « manipuler l’opinion » pour le discréditer.

L’offensive du NOGEC ne s’arrête pas là. Elle prend également pour cible le processus de Doha. La libération récente de plusieurs prisonniers rebelles de l’AFC/M23 est brandie comme une injustice flagrante. « Comment expliquer que des rebelles retrouvent la liberté au nom du dialogue, tandis qu’un opposant politique reste enfermé pour ses idées ? », s’interroge-t-on dans les rangs du parti. Ce parallèle, cynique mais efficace, nourrit le soupçon d’une justice à deux vitesses, où l’on amadoue les groupes armés tout en écrasant les voix dissidentes. Une lecture qui, si elle fait mouche dans une partie de la population, accentue la polarisation.

L’appel à la marche du 6 juin se veut donc un test de mobilisation. Kinshasa, mégalopole aux équilibres précaires, s’apprête à voir les partisans du NOGEC défiler pour crier leur indignation. Les autorités, qui n’ont pas encore réagi officiellement, seront tôt ou tard confrontées à un dilemme : autoriser la manifestation et risquer de légitimer la cause de Mutamba, ou l’interdire et s’exposer aux critiques de musèlement de l’opposition. Dans les deux cas, le parti de Constant Mutamba aura réussi à replacer son leader au centre du jeu politique.

Au-delà du cas personnel, cette séquence révèle les fractures profondes de l’opposition congolaise. Fragmentée, parfois accusée de compromissions, celle-ci peine à trouver une stratégie commune. Le NOGEC, en choisissant la rue plutôt que les salons feutrés, tente d’occuper un espace laissé vacant par d’autres formations plus timorées. Mais la voie est étroite : le spectre de la répression plane, et le moindre débordement pourrait retourner l’opinion contre le mouvement.

En attendant, la date du 6 juin est cochée. La marche annoncée par le NOGEC pour la libération de Constant Mutamba constitue désormais un baromètre de la liberté d’expression en République démocratique du Congo. Elle sera scrutée autant par les chancelleries que par les millions de Congolais qui, lassés des promesses non tenues, observent avec méfiance les jeux de pouvoir. Car derrière un affrontement judiciaire, c’est bien une bataille politique majeure qui se prépare.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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