Et si une semaine suffisait à modifier le cours d’une vie, à tisser des liens indestructibles entre deux capitales africaines ? C’est la question subliminale que pose 7 Jours à Libreville, le nouveau livre congolais de Bayuwa di-Mvuezolo, dont le baptême littéraire est annoncé pour le 29 mai 2026 au Musée des Rites et Traditions du Gabon. Dans l’écrin solennel de cette institution, en marge du Festival International du Livre Gabonais et des Arts (FILIGA 2026), se jouera bien plus qu’une simple séance de dédicaces : une véritable célébration de la fraternité culturelle entre la RDC et le Gabon.
L’ouvrage, édité par les soins d’Éditions Mabiki, n’est pas un simple carnet de voyage. Il incarne une plongée sensible dans la chair de Libreville, là où l’auteur congolais a vécu sept jours intenses en 2025, à l’occasion du FILIGA. « Ce livre est né des silences partagés, des regards échangés, des éclats de rire et des débats qui ne voulaient plus finir », confie l’écrivain, restituant une mosaïque d’instants où se sont mêlés échanges scientifiques, rencontres avec des artistes et intellectuels gabonais, et cette hospitalité légendaire qui a transformé un séjour professionnel en expérience initiatique. L’écriture introspective de Bayuwa di-Mvuezolo fait émerger le souffle d’une Afrique qui se pense et se raconte sans intermédiaires.
Qu’est-ce qui rend ce livre congolais si singulier ? Sa capacité à transformer l’éphémère en matière d’éternité. 7 Jours à Libreville devient une méditation sur la place du livre dans le rapprochement des nations. L’auteur dresse un panorama où les bibliothèques se muent en carrefours diplomatiques, où chaque page tournée est une main tendue entre Kinshasa et l’Estuaire. Le récit dévoile avec pudeur la manière dont des idées, portées par la voix d’écrivains ou de chercheurs, renversent les préjugés et fédèrent les imaginaires.
Ce baptême littéraire à Libreville, prévu dans un musée dédié aux rites et traditions, revêt lui-même une charge symbolique. Ce lieu de mémoires plurielles accueillera écrivains, artistes et passionnés du livre pour un dialogue interculturel où les mots guériront peut-être les blessures d’une histoire trop souvent fragmentée. En marge du FILIGA 2026, cet événement souligne l’ancrage résolument panafricain d’une œuvre qui entend dépasser les frontières géographiques et mentales.
L’initiative a d’ailleurs reçu l’onction du Ministère congolais de la Culture. Les échanges avec la ministre de tutelle ont mis en lumière le rôle de 7 Jours à Libreville comme ambassadeur de la littérature congolaise à l’international. Une reconnaissance qui ancre ce livre au cœur d’une diplomatie douce, où l’art devient vecteur de rayonnement et de coopération. La RDC trouve ici un étendard discret mais vibrant, capable de nouer des passerelles durables avec le Gabon, dans un contexte où les coopérations culturelles entre États africains sont encore trop souvent les parentes pauvres des agendas politiques.
Alors que la date du 29 mai approche, on ne peut s’empêcher d’y voir une promesse : celle d’une littérature qui ose sortir de ses gonds pour embrasser le continent dans ses nuances les plus vivaces. L’ouvrage de Bayuwa di-Mvuezolo, à la fois humble et ambitieux, pourrait bien redessiner la cartographie des lettres africaines, en y inscrivant, au feutre indélébile, une route reliant les rives du fleuve Congo à celles de l’Ogooué. Après ces sept jours à Libreville, l’auteur rentre à Kinshasa, mais c’est un morceau du Gabon qui se glisse désormais dans chaque phrase. Un pont de papier, fragile et résistant comme la soie, que les lecteurs sont invités à traverser.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd
