Depuis trois jours, le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, est le théâtre de violents affrontements. Les rebelles de l’AFC-M23 et la coalition d’autodéfense Wazalendo, alliée aux FARDC, s’opposent pour le contrôle de plusieurs localités stratégiques. Ce mercredi 20 mai, de nouvelles détonations d’armes lourdes et légères ont retenti dès l’aube dans les secteurs de Katoyi et Osso-Banyungu, notamment à Kazinga et Luke, plongeant les civils dans une terreur indicible.
La veille, les combats avaient déjà fait rage. Selon des sources concordantes, les FARDC et les Wazalendo seraient parvenus à reprendre plusieurs villages aux mains des rebelles : Muhahirwa, Ngululu, Nkokwe, Kasheke, Mitimingi et Katoyi-centre. Une avancée significative qui, si elle est confirmée, illustre la volatilité de la ligne de front. Sur le terrain, la situation reste extrêmement mouvante.
Aucun bilan humain n’a été officiellement communiqué. Mais l’ampleur des déplacements de population témoigne de la violence des chocs. Des milliers d’habitants, pris de panique, ont abandonné leurs foyers pour se réfugier en brousse. Sans eau, sans nourriture, sans abri, ils sont livrés à eux-mêmes. L’usage d’armes lourdes, indifférentes à la présence de civils, aggrave le risque de pertes massives.
Ces affrontements à Masisi illustrent la faillite des mécanismes de paix. Malgré les appels répétés au cessez-le-feu, émis dans le cadre des processus de Doha et de Washington, le conflit armé dans le Nord-Kivu s’enlise. Le M23 et la constellation de groupes Wazalendo poursuivent une guerre de positions qui n’épargne personne. Sur place, les humanitaires peinent à accéder aux zones de combat. Les organisations internationales alertent sur la catastrophe sanitaire qui se profile si les déplacés ne sont pas secourus rapidement. Loin des projecteurs, le drame du Masisi est le symptôme d’une région où les rivalités pour le contrôle des ressources attisent les ambitions.
Faut-il s’attendre à une escalade supplémentaire ? Les belligérants semblent déterminés à en découdre, pendant que la communauté internationale observe sans réaction décisive. La population du Masisi, elle, subit. Combien de villages devront encore être rayés de la carte avant que les armes ne se taisent ? Chaque jour de plus apporte son lot de souffrances. L’urgence humanitaire devient criante.
Alors que les combats se poursuivent à Kazinga et Luke, le Nord-Kivu retient son souffle. Seule une implication diplomatique renforcée pourra empêcher que le territoire de Masisi ne s’enfonce définitivement dans le chaos.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
