Comment la République démocratique du Congo peut-elle transformer son immense jeunesse, qui représente plus de 60 % de la population, en un véritable moteur de développement ? Alors que le chômage des jeunes reste un défi abyssal, le Fonds Spécial pour la Promotion, l’Entrepreneuriat et l’Emploi des Jeunes (FSPEEJ) vient de poser un acte fort. Ce mardi 12 mai, dans les salons feutrés de l’hôtel Sultani, à Kinshasa-Gombe, il a officiellement lancé le programme « Talk Job Métiers ». Une initiative qui conjugue formation professionnelle à Kinshasa et apprentissage des métiers pour offrir une bouffée d’oxygène à 187 jeunes Kinois.
Concrètement, ces bénéficiaires – déjà sélectionnés – seront répartis dans 57 filières aussi diverses que la mécanique, la coupe-couture, la boulangerie ou le numérique. Le dispositif, intégralement financé par le FSPEEJ, s’appuie sur l’expertise technique de l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP). L’objectif ? Passer de la théorie à la pratique, outiller chaque apprenant pour qu’il devienne immédiatement opérationnel sur le marché de l’emploi jeunes RDC ou se lance dans l’auto-emploi. La cérémonie, placée sous le signe de l’espoir, a vu se côtoyer autorités nationales, députés et cadres des entreprises publiques.
La ministre de la Jeunesse et Éveil patriotique, Grâce Kutino, a salué ce qu’elle a qualifié de « cadre de formation, de créativité, d’emploi et d’entrepreneuriat ». Dans une intervention passionnée, elle a reconnu que le défi majeur du pays n’est pas le nombre, mais la transformation de ce potentiel en force productive. « Talk Job Métiers n’est pas simplement un programme de formation, a-t-elle insisté. C’est un instrument d’autonomisation, d’insertion professionnelle et de dignité sociale. Le FSPEEJ montre une vision : une jeunesse capable de créer et de participer activement à la transformation nationale. »
Le Directeur Général du FSPEEJ, Joseph Mbuyi Mukendi, a quant à lui enfoncé le clou : « C’est une main tendue, une opportunité réelle offerte à notre jeunesse de se prendre en charge par l’apprentissage des métiers. » Il a rappelé que le patriotisme ne se limite pas à aimer son pays, mais à se former pour être utile à sa communauté. Un message vibrant qui a trouvé écho chez les jeunes présents, désormais prêts à entamer une formation qui coïncide avec la deuxième édition du Village des Opportunités organisé par le ministère de tutelle.
Pourquoi miser autant sur l’apprentissage des métiers ? Parce que l’expérience a prouvé que le diplôme seul ne suffit plus face à un marché du travail saturé. La formation professionnelle Kinshasa agit comme un pont direct entre les aspirations et les besoins réels des entreprises. Ici, le FSPEEJ expérimente un modèle où le financement public rencontre l’encadrement technique d’une institution éprouvée. Reste une question : comment garantir que les compétences acquises déboucheront sur des emplois durables ? L’atelier qui a clôturé la cérémonie, réunissant apprenants et formateurs, visait justement à baliser un parcours d’insertion sans fausses promesses.
L’initiative s’inscrit dans la droite ligne de la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui place la jeunesse au cœur de son action. Mais au-delà des discours, c’est la répétition de tels programmes à grande échelle qui pourra réellement inverser la tendance. Avec « Talk Job Métiers », le FSPEEJ fait la démonstration qu’il est possible d’agir vite et bien. Il ne reste plus qu’à souhaiter que cette étincelle allumée à Kinshasa embrase bientôt d’autres provinces de la RDC, car l’emploi jeunes RDC est un chantier qui exige des réponses concrètes, massives et continues.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd
