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Femmes commerçantes de Kananga, dernier rempart des ménages

Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, vit au rythme d’une économie informelle où les femmes commerçantes jouent un rôle de plus en plus crucial. Chaque jour, des centaines d’entre elles transforment quelques mètres carrés de marché en véritables bouées de sauvetage pour des ménages en péril. Une réalité que la Journée internationale de la famille, célébrée le 15 mai, n’a fait que souligner avec acuité : dans cette province, la survie des ménages repose souvent sur les épaules de ces battantes.

Au marché Dibamba Bukemayi, dans la commune de Ndesha, le ballet matinal des étals de légumes, de braises et d’huile de palme est orchestré exclusivement par des mains féminines. Ici, les petits commerces Kananga ne sont pas de simples activités d’appoint : ils constituent le poumon de l’économie familiale RDC. Le chômage chronique qui frappe les hommes, les décès prématurés ou les revenus trop maigres ont fait basculer la charge financière. Combien de familles auraient sombré sans cette ingéniosité quotidienne ?

Bernadette Ngalula est l’une de ces femmes chefs de famille RDC qui ne compte plus les heures. Veuve depuis sept ans, mère de huit enfants, elle est présente chaque jour derrière son étal. « Grâce à mon commerce, je nourris mes enfants et je paye leurs frais scolaires », confie-t-elle, le regard résolu. Un véritable exploit quand on sait que le panier de la ménagère ne cesse de s’alourdir et que les salaires, quand ils existent, peinent à suivre l’inflation.

Quelques mètres plus loin, Julie Mbombo vend aubergines et tomates avec la même détermination. Son mari est sans emploi, et c’est elle qui assume, depuis plusieurs années, l’essentiel des dépenses du foyer. La scolarité des enfants, les soins de santé, l’alimentation : chaque jour, le commerce de détail tisse sa toile de survie. Ici, pas de discours macroéconomiques, mais des additions concrètes. La survie ménages Kasaï-Central se lit dans le balancement constant entre recettes du jour et charges incontournables.

Ce tableau, loin d’être isolé, reflète une tendance profonde à l’échelle du pays. L’économie familiale RDC repose en grande partie sur ces microentreprises de la débrouille. Dans l’informel, les femmes deviennent des gestionnaires hors pair, jonglant avec des marges infimes pour créer de la valeur. Chaque panier vendu, chaque régime de banane écoulé, c’est un peu d’oxygène injecté dans un modèle familial fragilisé par l’absence de protection sociale. L’absence d’emploi formel chez les hommes agit comme un accélérateur : ces femmes commerçantes Kananga ne cherchent plus à compléter un revenu, elles deviennent le revenu principal.

Pour autant, cette résilience a un prix. Les journées à rallonge, la concurrence féroce, l’insécurité des marchés et l’absence de financement limitent leur essor. À quand une politique publique qui reconnaîtrait ces piliers invisibles de l’économie ? La journée du 15 mai rappelle que la famille est aujourd’hui portée à bout de bras par ces entrepreneuses du quotidien. Leur combat silencieux mérite bien plus qu’une salutation annuelle.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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