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Rocades Kinshasa : Judith Suminwa accélère, le désengorgement en vue

Un taux d’exécution qui dépasse les 40 %, trois ponts stratégiques déjà en place, et une artère principale qui sort de terre : les rocades Kinshasa changent de visage. Ce mardi 12 mai, la Première ministre Judith Suminwa a arpenté le tracé des futures voies de contournement Sud-Est et Sud-Ouest, un projet infrastructure RDC aussi stratégique qu’attendu par une capitale asphyxiée. Avec près de 300 millions de dollars engagés dans le cadre du partenariat sino-congolais révisé, les travaux routiers Kinshasa prennent une tournure concrète, laissant entrevoir la fin d’une congestion devenue chronique.

L’inspection terrain a débuté à l’avenue Ndjoku où l’ingénieur Nico Nzau Nzau, directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), a détaillé le bilan d’étape : 73 kilomètres de chaussée en phase de revêtement, trois ouvrages de franchissement allant de 90 à 180 mètres de portée, et surtout un lourd chantier d’expropriation touchant près de 3 000 propriétés. « J’ai des rapports, je vois ce qui est fait sur papier, nous recevons aussi des vidéos, mais il était important que je puisse moi-même constater de visu l’évolution des travaux », a confié Judith Suminwa, soulignant un engagement gouvernemental qui ne se limite pas aux dossiers.

Ce que la cheffe du gouvernement a pu palper du doigt, c’est une métamorphose structurelle : au niveau de la rivière Mfuti, un pont de 120 mètres de portée a déjà reçu l’ensemble de ses poutres et de son tablier. Plus loin, au pont Ngudiabaka, la dernière poutre a été posée sous ses yeux par l’entreprise CREC 8, symbole d’une exécution qui s’accélère. Ces ouvrages d’art ne sont pas de simples ouvrages de génie civil ; ils représentent une véritable greffe vasculaire dans un tissu urbain étouffé, permettant d’injecter de la fluidité dans les échanges économiques entre les communes du Sud de Kinshasa et le reste du pays.

Le désengorgement Kinshasa constitue la colonne vertébrale de ce projet estimé à 300 millions de dollars, inscrit dans le plan quinquennal 2024-2028 du président Félix Tshisekedi. Mais la réalité de terrain ramène à un défi majeur : celui des indemnisations. « Dans cette zone, il faudra finaliser le processus d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées », a reconnu Judith Suminwa, tout en se voulant rassurante : « Nous nous sommes entendus avec la partie chinoise afin que toutes les indemnisations puissent être réalisées d’ici 2027 au plus tard ». Un pari risqué, car le respect du calendrier de livraison dépend de la libération des emprises, un obstacle qui a toujours ralenti les grands chantiers d’infrastructure en Afrique.

L’économie de la capitale pourrait pourtant tirer un bénéfice immédiat de cette rocade, comme en témoignent déjà les habitants. « On avait du mal à rouler sur ce tronçon avant le début des travaux. La route était vraiment impraticable », raconte un usager. Avec deux voies de chaque côté et un échangeur à trois niveaux prévu à Mitendi – croisement de la Route nationale 1 et de la rocade – le temps de trajet entre Mitendi et Pompage sera réduit de façon drastique, dynamisant les échanges commerciaux et abaissant le coût logistique qui pèse sur les ménages et les entreprises.

Judith Suminwa a d’ailleurs resitué cette initiative dans une vision bien plus large de connectivité nationale. « Nous sommes actuellement en train de tracer le corridor sur la Nationale 1. Celui-ci ira jusqu’à Matadi et au port de Boma. De l’autre côté également, le corridor passera par le Grand Bandundu, le Kasaï et jusqu’au Grand Katanga, avec une connexion au corridor de Lobito. Cela signifie que nous allons véritablement disposer d’un pays interconnecté au niveau routier », a-t-elle détaillé. Une ambition qui, si elle se matérialise, transformerait la RDC en hub logistique, réduisant sa dépendance aux voies aériennes coûteuses pour le transport de marchandises.

Alors que les maisons continuent de tomber le long du tracé pour laisser place aux bulldozers, une question de fond se pose : Kinshasa parviendra-t-elle à surmonter la quadrature du cercle des expropriations pour livrer ces rocades dans les temps ? L’inspection de la Première ministre envoie un signal fort aux opérateurs économiques : le gouvernement met le cap sur l’achèvement, convaincu que chaque kilomètre bitumé est un pas vers la respiration d’une mégalopole de plus de 15 millions d’habitants. L’horizon 2027 pourrait ainsi marquer la fin d’un calvaire quotidien pour des millions de Kinois, à condition que les défis fonciers ne viennent gripper ce moteur prometteur du développement urbain.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
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Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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